« Je vais être le plus concis possible sur un sujet difficile à comprendre », a déclaré Philippe Tomlinson, maire d’Outremont, lors du récent conseil d’arrondissement lundi soir à propos du budget de la ville de Montréal qui défraie la chronique ces jours-ci. « De fait, les taxes à Outremont connaissent cette année une forte progression. Il faut toutefois différencier le secteur résidentiel qui concerne les habitations, du secteur non résidentiel qui touche les édifices commerciaux », a-t-il précisé.
PHOTOS ARCHIVES LE JOURNAL D’OUTREMONT MARILI-SOUDRE-LAVOIE En présentant plusieurs tableaux comparatifs, le maire Tomlinson a détaillé les augmentations de taxes. Pour le secteur résidentiel, l’augmentation des charges fiscales atteint 4,5%. Un pourcentage réparti entre la hausse moyenne de la taxe (1,9%), la taxe de l’eau (1,1%), la taxe due principalement à la hausse de valeur (0,9%) et la taxe d’arrondissement (0,6%).
« L’augmentation des charges fiscales du secteur non résidentiel atteint 6,3%. Un pourcentage qui se répartit ainsi : la taxe due principalement à la hausse de valeur (3,4%), la hausse moyenne de la taxe (2,1%), la taxe de l’eau (0,7%), et la taxe d’arrondissement (0,1%). »
Selon le maire d’Outremont, les facteurs de variation des charges fiscales sont la variation de la taxe d’arrondissement, la variation du PTI (Plan triennal d’immobilisations) de l’arrondissement, la variation de la dette historique par secteur, et le taux de croissance du rôle d’évaluation d’Outremont par rapport au taux de croissance moyen.
Le double d’une évaluation qui a triplé en un an
« La dette historique dont il est question ici concerne la dette restante quand Outremont était une ville avant de fusionner avec Montréal », a expliqué Philippe Tomlinson. « Autour de 100 000 $, elle n’est pas si grande, mais elle est toujours là et diminue tranquillement. Elle a donc un effet minime sur la hausse des taxes dans Outremont. »
Selon lui, le gros montant est dû à la croissance du rôle d’évaluation 2015-2018 par rapport au taux de croissance moyen. Ainsi, dans le secteur résidentiel, les variations restent minimes d’une année sur l’autre, même si Outremont paye plus cher que la moyenne de Montréal : 2,7% versus 1,8% en 2015 ; 3,3% versus 1,9% en 2016 ; 2,4% versus 1,7% en 2017 ; 2,8% versus 1,9% en 2018.
C’est le secteur non résidentiel qui accuse le coup cette année : 2,4% versus 2% en 2015 ; 2,1% versus 0,9% en 2016 (le double) ; 3,1% versus 0,9 % (le triple) en 2017 ; « Mais en 2018, ce sera 6,3% à Outremont versus 3% à Montréal, soit le double d’une évaluation qui a triplé par rapport à l’an passé ! « Comme chaque année, les Outremontais sont plus touchés par l’augmentation des taxes que la moyenne de Montréal », affirme l’élu.
Des services à l’égale mesure des taxes
« La justification de ces taux réside dans l’augmentation de la valeur des immeubles à Outremont. Des transactions ont assurément augmenté la valeur des immeubles. En quelque sorte, nous sommes victimes de notre succès, résume le maire Tomlinson. Les gens veulent venir vivre à Outremont, quitte à payer plus cher la valeur des bâtiments. »
« C’est l’enjeu principal : augmenter le niveau de service aux citoyens par rapport au montant qu’on paye », poursuit Philippe Tomlinson. « Ce n’est pas notre budget, mais le budget de l’ancienne administration. Cette année, on va faire ce qu’on peut avec ce qu’on a… À nous de prouver qu’on peut donner des services à la hauteur de ce que les gens recherchent. »
Et le maire a conclu en déclarant : « Nous allons nous battre pour que la nouvelle réforme du financement des arrondissements voit le jour rapidement afin qu’Outremont y trouve son compte. Nous allons également travailler très fort afin que les commerçants de l’avenue Laurier aient droit à des aides compensatoires en raison des travaux, sachant que la rénovation de l’avenue Van Horne s’en vient dans les cartons à dessin… »
Partagez sur





Commentaires
J'aimerais également savoir concrètement "what's in it for me" suite à ces augmentations parfaitement inattendues? Merci de rassurer l'Outremontaise que je suis qu'elle ne sera pas à nouveau le "dindon" de la farce" de cette hausse vraiment exagérée. De plus, je suis impatiente de lire la légitimité "coût/bénéfice" de cette augmentation. Quels services supplémentaires accompagneront cette hausse indécente?