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La bibliothèque de la danse - Hommage à Vincent Warren

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VIE CULTURELLE
Publication : 22 mai 2018

LL'Académie de danse d'Outremont (ADO) termine son année académique avec un spectacle inspiré de La bibliothèque de la danse, qui se veut également un hommage à son fondateur, historien et ex-danseur étoile des Grands Ballets Canadiens, [...]

Communiqué +
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Les Irrésistibles de Marie-Anne

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VIE CULTURELLE
Publication : 17 mai 2018
Par Marie-Anne Poggi

Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]

Collaboration spéciale +
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Les Irrésistibles de Marie-Anne

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VIE CULTURELLE
Publication : 17 mai 2018
Par Marie-Anne Poggi

Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.

L’Habitude des bêtes de Lise Tremblay (éditions du Boréal, 2017), 164 pages.

La beauté de ce court roman de Lise Tremblay, L’Habitude des bêtes, commence dès la page couverture : un loup rôde au milieu d’un paysage neigeux, non loin d’une forêt. Tout de suite, j’ai eu le goût de le lire.

Les villageois d’une petite localité du Saguenay (jamais nommée) savent qu’une meute de loups, ou deux peut-être, se terre dans la montagne. Rien d’anormal. Ce qui est inquiétant, par contre, c’est que depuis peu certaines personnes en ont vu non loin de leur maison.

Le narrateur sexagénaire, Benoît Lévesque, dit : « J’ai appris il y a longtemps à ne pas me mêler de ce qui se passe au village. Ils sont comme les loups, ils vivent en meute et se protègent. » Ce dentiste montréalais à la retraite est venu s’installer dans ce coin de pays il y a une vingtaine d’années. Toujours accompagné de son vieux chien Dan, qui n’en mène pas large, Benoît passe ses journées à lire, à flâner dans sa « Florida room » pour regarder le lac, à écouter de la musique, à marcher et à entretenir son chalet.

Divorcé de Solange depuis une quinzaine d’années, ils ont eu ensemble une fille, Carole qui, dès son jeune âge, a reçu un diagnostic erroné de psychose. Au fond, elle souffre d’un « trouble de l’identité de genre » et désire se faire enlever les seins car, comme elle le dit, « elle ne veut rien qui dépasse ».

Parmi les gens du village, il y a Odette, vétérinaire mi-soixantaine, divorcée et un peu trop portée sur la bouteille, qui souhaite vendre sa clinique et ne garder que 10% des parts.

Rémi, lui, qui a été élevé dans la région, est un homme de peu d’instruction mais doté d’un instinct fort développé. Il a une affection particulière pour Mina Sirois, une octogénaire divorcée et sans enfants, qui a tenu le dépanneur local durant plusieurs années. Malgré son âge, Mina habite seule son chalet, passe ses journées à écouter les nouvelles à la télévision et a même ouvert un compte Facebook. Rémi vient lui donner un coup de main pour rafistoler son chalet et garde un œil sur l’état de santé de cette dernière.

Mais il y a aussi les frères Boileau qui font la pluie et le beau temps à l’ouverture de la saison de chasse. La tension monte alors d’un cran. Ils perdent souvent le contrôle. Iront-ils jusqu’à poser des gestes regrettables, irréparables ?

Style minimaliste, comme toujours chez Lise Tremblay. Les personnages sont bien campés et la nature est au centre du récit au rythme lent, rien pour me déplaire.

L’Habitude des bêtes figurait parmi mes livres préférés de 2017. Je n’avais pas encore trouvé le temps de vous en parler. C’est chose faite !

Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__STremblay%2C%20Lise.%20L%27Habitude%20des%20b%C3%AAtes__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt

Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
Allez faire un tour : http://irresistibles.bibliomontreal.com/

Ou sur ma page FB : https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/



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Art, science et santé

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018
Par Hélène Côté

Deux résidants d'Outremont, l'artiste France D'Aragon et le chercheur Alexis Vallée Bélisle ont conjugué leurs intérêts dans une expérience innovatrice.

PHOTO COURTOISIE

Les découvertes de l'un pour amener notamment les médicaments à bon port à l'intérieur du corps humain ont inspiré la démarche artistique de l'autre dans son exploration de l'art thérapie. L'artiste D'Aragon a peint une séquence de 10 toiles qui font écho à la création d'un outil de dépistage – une nanomachine – œuvre du chimiste Vallée Bélisle. Ensemble, ils participent à une exposition qui regroupe 18 artistes jumelés à 18 scientifiques et qui lève le voile sur les résultats de leur collaboration. L'événement s'adresse à la fois aux amateurs de science, de nouvelles technologies et de création artistique. Les deux Outremontais seront là pour la durée de l'exposition.


Exposition Réactions créatives – Centre culturel Le Livart
Samedi, 19 mai, de 16h à 20h
3980, rue Saint-Denis (voir carte)
lelivart.com



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Art, science et santé

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018
Par Hélène Côté

Deux résidants d'Outremont, l'artiste France D'Aragon et le chercheur Alexis Vallée Bélisle ont conjugué leurs intérêts dans une expérience innovatrice. [...]

Exposition +
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Les Irrésistibles de Marie-Anne

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018

Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire. [...]

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Les Irrésistibles de Marie-Anne

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018
Par Marie-Anne Poggi

Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.

Un dimanche pluvieux. Le ciel est gris et le temps encore frisquet. Votre moral n’est pas au plus haut. J’ai le remède qu’il vous faut : Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Éric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel, 2018), court récit qui se lit en un peu plus d’une heure et qui, comme le titre l’indique, met à l’honneur le compositeur polonais.

Même si le roman est écrit au « je », à moins d’être un proche d’Éric-Emmanuel Schmitt, il est difficile de départir le vrai du faux dans cette histoire. Peu importe ! On sent l’amour de l’auteur pour la musique, particulièrement pour certains compositeurs. Il possède indéniablement le vocabulaire pour parler partitions, harmoniques, livrets et que sais-je encore.

Le jour de son anniversaire, alors qu’Éric-Emmanuel fête ses neuf ans, sa tante Aimée Buffavand s’installe au Schiedmayer pour y jouer Chopin. Enthousiasmé par ce qu’il vient d’entendre, il souhaite ardemment suivre des cours de piano. Ses parents obtempèrent à ses désirs.

De Lyon dans ses jeunes années, Éric-Emmanuel monte à Paris à 20 ans où, admis à l’École normale supérieure, il étudie la philosophie rue d’Ulm. Comme tous les jeunes de son âge, il profite de la vie, mais Chopin continue de le hanter. Il se cherche un professeur qui pourra combler son besoin, ses carences.

Celle qui lui est recommandée se nomme madame Pylinska. Polonaise dans la cinquantaine qui demeure dans le XIIIe arrondissement, cette célibataire vit en compagnie de ses trois chats. Elle veut bien sûr connaître les intentions d’Éric-Emmanuel, savoir pourquoi il réclame des leçons. Il lui dira simplement : « J’ai appris le piano pour interpréter Chopin et je n’y arrive pas. » Elle accepte de le prendre comme élève, ils se verront donc le samedi en matinée. De la technique au programme, mais pas seulement, car ils jaseront aussi de George Sand, Liszt, Bach, Mozart, Schubert et quelques autres.

Éric-Emmanuel ira de surprises en étonnements, et nous aussi, car la manière d’enseigner la musique de madame Pylinska est assez particulière, et possiblement unique. Malgré quelques désaccords et divergences, une belle complicité les unira, jusqu’à ce que…

Il a cessé de pleuvoir. Vous déposez le livre et sans crier au chef-d’œuvre, vous venez de passer un agréable moment de lecture et surtout vous savez maintenant quel est ce fameux « secret de Chopin ».

Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SMadame%20Pylinska%20et%20le%20secret%20de%20Chopin%20__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt

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Une résidante remporte un grand prix littéraire

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018
Par René Soudre

PHOTOS COURTOISIE

L’ Outremontaise et écrivaine Catherine Ego vient de remporter le Grand Prix du Grand Concours littéraire de l’Université de Sherbrooke 2017-2018 avec une nouvelle intitulée Et si, gentiment. Cette année, les participants devaient intégrer à leurs textes une référence à l’une des photographies du fonds André Le Coz de l’Université de Sherbrooke, qui rassemble l’essentiel de l’œuvre de ce célèbre photographe de scène québécois. Pour écrire Et si, gentiment, Catherine Ego s’est inspirée d’une photographie de la comédienne Monique Spaziani dans Un reel ben beau, ben triste, une pièce de Jeanne-Mance Delisle présentée au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal en 1981.

Catherine Ego.

Mme Ego avait également remporté le Grand Prix du Grand Concours littéraire de l’Université de Sherbrooke l’an dernier, en 2016-2017, avec Toute la beauté du monde. Sa nouvelle s’inspirait d’une superbe œuvre du sculpteur québécois de renommée internationale Michel Goulet, Un monde en soi, exposée de manière permanente au campus Longueuil de l’Université de Sherbrooke.

Voici la version intégrale de la nouvelle Et si, gentiment…


Et si, gentiment…
Par Catherine Ego

Elle se tient toute droite et regarde l’objectif. Son visage a conservé les rondeurs de l’enfance. Elle doit paraître enjouée, mais sérieuse, avenante et responsable. C’est Monsieur Jacques qui l’a dit. Ses parents étaient d’accord. Des filles, ils en ont trop. Celle-là est jolie : autant la marier.

Monsieur Jacques est un spécialiste. Du Bas-du-Fleuve en Abitibi, de la Beauce au Lac-Saint-Jean, il organise des épousailles respectables entre jeunes filles sans le sou et messieurs fortunés. Il rassure les parents, qu’ils soient âpres au gain ou souhaitent vraiment le bonheur de leurs petites. Il flatte les veufs rongés d’ennui, les célibataires pétrifiés de timidité, les notables trop imbus d’eux-mêmes pour s’abaisser à vouloir plaire. Tout le monde y trouve son compte. Évidemment, ces messieurs veulent des garanties! Ils exigent des photographies, maintenant. Les portraits au pinceau pouvaient arrondir une bouche, affiner une taille.

Embellir un peu… La photographie ne pardonne pas. On en fait même en couleur. Monsieur Jacques en a vu. Elles sont modernes, mais aussi plus coûteuses, et pardonnent encore moins. Il faisait froid, le jour de sa première visite. Froid dehors, froid dedans. Enragées et dociles, les flammes de l’âtre se couchaient sous les assauts du vent se ruant par la cheminée. Dans sa robe qui n’était pas faite pour l’hiver, la petite sentait ses mains, ses pieds se racornir de froid. Il fallait bien que Monsieur Jacques la voie! Pas question de lainages, de grosses jupes ou de calicots informes. Une robe de coton, malgré le froid.

Monsieur Jacques la soupesait d’un œil aguerri. Elle n’était pas très grande, plutôt bien tournée. Silhouette délicate, mais pas souffreteuse. Dans un coin de la pièce, Ti-Jean faisait grincer sur son violon un reel « ben beau, ben triste », comme disait grand-mère Jeanne. Ti-Jean n’est pas très intelligent, « il ne fera pas docteur », disent les gens dans un sourire mauvais, mais il aime sincèrement sa grande sœur. Sans savoir pourquoi, il souffre jusqu’au creux de ses os de la voir ainsi maquignognée comme une bête à l’encan. Les cordes de son instrument, boyaux de chat au feulement éraillé, râlent ce chagrin qu’il peine à comprendre. Monsieur Jacques, lui, rayonne de bonheur. Il dévisage la fille, palpe ses courbes du regard. Il en tirera un bon prix. D’un air solennel, il entraîne la mère dans la cuisine et lui demande, avec tact et fermeté, si la jeune fille a connu les hommes. La femme se récrie, profondément heurtée.

1981 - La comédienne Monique Spaziani dans la pièce «Un reel ben beau, ben triste» de Jeanne-Mance Delisle, présentée au TNM © Théâtre du Nouveau Monde (TNM) Auteur: André Le Coz Commanditaire: Théâtre du Nouveau Monde (TNM) Référence: Bureau des archives de l’Université de Sherbrooke, fonds André Le Coz, pièce 11051

Monsieur Jacques est rassuré. Ils retournent dans la pièce à l’avant. La bouche arrondie en une moue gourmande, Monsieur Jacques évoque les partis en vue. Il y a ce médecin de Rimouski, célibataire, la quarantaine avancée, dévoué envers ses malades et sa ville, dont il pourrait bien devenir maire. Et ce notaire de La Sarre, peu loquace et très posé; son épouse ne manquera de rien pour peu qu’elle soit économe. Et ce négociant de Québec... Monsieur Jacques s’interrompt soudain. Le marchand commerce avec des pays lointains. Et s’il s’embarquait un jour pour ne plus revenir, s’amourachait de l’une de ces femmes lascives qui peuplent les îles et vivent les seins nus, les cuisses offertes? Monsieur Jacques se passe la langue sur les lèvres, desserre un peu son col, le front couvert de sueur. Comme il fait chaud, ici! Et s’il abandonnait son épouse, ce négociant de Québec? Elle n’aurait d’autre choix que de rentrer chez ses parents… Monsieur Jacques ne parlera pas de lui. Trop risqué. Les épouses doivent rapporter, pas rentrer au bercail et coûter.

Les parents étaient d’accord : Monsieur Jacques parlerait de la petite au médecin et au notaire. Son photographe habituel souffrant de catarrhe, il avait engagé en toute hâte un homme de la ville. Un artiste, paraît-il! Monsieur Jacques et les parents ont bien ri. Un artiste, et quoi encore? Monsieur Jacques a quand même pris rendez-vous et la voilà qui se tient toute raide devant l’appareil.

Elle a une petite tache de naissance sur la joue droite, presque rien, assez pour lui faire honte. Surtout devant ce photographe de la ville, homme silencieux aux manières souples qui la scrute de sa lentille. Elle n’a vu de lui qu’une moustache noire et fine. Elle tourne un peu la tête pour que sa tache de naissance n’apparaisse pas sur la photographie. Non, ce n’est pas vrai. Elle tourne un peu la tête pour que le photographe ne voie pas sa tâche de naissance. Elle s’en rend compte et rougit. L’œil rivé à son cyclope de métal, le photographe ne réagit pas. Elle croit cependant voir, ou peut-être l’imagine-t-elle, que ses mains bougent un peu moins vite. Il attend. Patiemment. Elle s’apaise.

De part et d’autre de l’appareil, les mains ont repris leur ballet, caressent la mécanique avec habileté, presque avec tendresse. Elle sent soudain sur son visage un vent tiède et sucré. Elle inspire avec délice, sa poitrine se dilate, ses jambes tremblent un peu. Ses yeux se ferment, ses lèvres s’entrouvrent. Elle allait presque sourire, se reprend. Les mains du cyclope se sont immobilisées comme des oiseaux en vol. Au bout d’un long moment, tremblotantes, elles aussi, elles se posent à nouveau sur l’appareil, tirent sur un loquet, tournent une molette. Elle rouvre les yeux, retrouve son allure sage. Monsieur Jacques l’a dit : il ne faut pas qu’elle ait l’air trop « délurée ». Les messieurs fortunés n’aiment pas les jeunes filles délurées. En tout cas, n’en veulent pas pour épouses.

Elle est triste, d’un coup. Se trouve godiche dans ses vêtements de paysanne, les cheveux sans façon. La femme qui lui a ouvert la porte tout à l’heure, la secrétaire du photographe, elle était si élégante et pourtant si aimable! La jupe en dessous du genou, mais des talons hauts, un joli chignon de boucles, du rouge à lèvres, un léger trait de noir à la paupière. Elle est triste. Elle se sent si niaise dans cette ville. Mais Monsieur Jacques avait insisté : vêtements modestes et mine discrète. Pas de talons. Surtout pas de rouge.

C’est la première fois qu’elle quitte son village. À sa descente du train, elle a plongé dans un effroi glacé qui la paralysait de l’intérieur. Les rues, les vitrines, les gens qui marchaient vite, tout l’intimidait, tout la renvoyait à sa rusticité, sa gaucherie, son ignorance. Depuis qu’elle est entrée dans ce studio, depuis qu’elle se tient face à cet homme dont elle a à peine entrevu le visage et qui la contemple de son iris de verre impénétrable, son effroi recule. Sans trop bouger, du coin de l’œil, elle s’enivre du spectacle joyeux des poussières voletant dans les rais de lumière qui traversent les lourds rideaux noirs. Leur velours lui fait penser au voile. Le voile! Elle aurait dû le jeter aux orties quand il en était encore temps. Quand le beau Camille l’a emmenée dans un champ, l’a allongée dans les blés en lui disant des gentillesses, des bêtises. Elle riait, son sang virevoltait dans ses veines. Camille a insinué sa main sous sa robe, elle a serré les jambes, l’a regardé dans les yeux, s’est relevée. Elle est rentrée chez elle, troublée, se répétant qu’elle avait bien fait. Bien fait de préserver son voile, tulle invisible dissimulé entre ses cuisses, organza fragile garant de la respectabilité. La sienne, celle de sa famille et de son futur mari.

Ses yeux s’embuent. Sous cette pluie satinée de poussières dansantes, pour la première fois depuis le champ de blé, elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait d’offrir son voile à Camille.

De derrière l’appareil monte une voix rauque, souffle étranglé, affolé comme un oiseau dans la gueule d’un fauve : « Tournez votre visage un peu plus vers la gauche, mademoiselle, s’il vous plaît… »

Une vague de chaleur brûlante et câline monte en elle, son cœur lui paraît lourd, gorgé de sang. Même au plus haut de ses extases religieuses, de ses ivresses d’hosties humides et fondantes, jamais elle n’a ressenti une telle plénitude, une telle puissance. À travers ce disque de verre qui la scrute et lui pétrit les entrailles, c’est Dieu qui lui parle. Avec une audace dont elle ne se serait pas crue capable, elle regarde le photographe dans les yeux. Par-delà ce hublot dans lequel elle se reflète, elle fixe l’homme et sait qu’il se trouble, le sait à ses mains qui tremblent, s’arrêtent et se reposent enfin, immobiles, vaincues, sur les molettes et loquets de l’appareil.

Elle le regarde sans peur, sans honte. Et si, une fois le cliché pris, il l’invite doucement à s’asseoir sur le divan grenat, et si, gentiment, il effleure son genou, pose ses lèvres à son cou, elle sait déjà qu’elle lui dira oui.

www.CatherineEgo.com

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Une résidante remporte un grand prix littéraire

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VIE CULTURELLE
Publication : 8 mai 2018
Par René Soudre

L’Outremontaise et écrivaine Catherine Ego vient de remporter le Grand Prix du Grand Concours littéraire de l’Université de Sherbrooke 2017-2018 avec une nouvelle intitulée Et si, gentiment. Cette année, les participants devaient intégrer à leurs textes [...]

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Expositions thématiques des auteurs d'Outremont

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VIE CULTURELLE
Publication : 2 mai 2018
Par Le Journal d'Outremont

Dans le cadre de son 20e anniversaire, la bibliothèque Robert-Bourassa présente à chaque semaine des expositions de documents d’auteurs, d’illustrateurs et de traducteurs d’Outremont au cours des 20 dernières années. [...]

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Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
Administration : Hélène Lavoie
Ventes : Marili Soudre-Lavoie, René Soudre

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