Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
L’Habitude des bêtes de Lise Tremblay (éditions du Boréal, 2017), 164 pages.
La beauté de ce court roman de Lise Tremblay, L’Habitude des bêtes, commence dès la page couverture : un loup rôde au milieu d’un paysage neigeux, non loin d’une forêt. Tout de suite, j’ai eu le goût de le lire.
Les villageois d’une petite localité du Saguenay (jamais nommée) savent qu’une meute de loups, ou deux peut-être, se terre dans la montagne. Rien d’anormal. Ce qui est inquiétant, par contre, c’est que depuis peu certaines personnes en ont vu non loin de leur maison.
Le narrateur sexagénaire, Benoît Lévesque, dit : « J’ai appris il y a longtemps à ne pas me mêler de ce qui se passe au village. Ils sont comme les loups, ils vivent en meute et se protègent. » Ce dentiste montréalais à la retraite est venu s’installer dans ce coin de pays il y a une vingtaine d’années. Toujours accompagné de son vieux chien Dan, qui n’en mène pas large, Benoît passe ses journées à lire, à flâner dans sa « Florida room » pour regarder le lac, à écouter de la musique, à marcher et à entretenir son chalet.
Divorcé de Solange depuis une quinzaine d’années, ils ont eu ensemble une fille, Carole qui, dès son jeune âge, a reçu un diagnostic erroné de psychose. Au fond, elle souffre d’un « trouble de l’identité de genre » et désire se faire enlever les seins car, comme elle le dit, « elle ne veut rien qui dépasse ».
Parmi les gens du village, il y a Odette, vétérinaire mi-soixantaine, divorcée et un peu trop portée sur la bouteille, qui souhaite vendre sa clinique et ne garder que 10% des parts.
Rémi, lui, qui a été élevé dans la région, est un homme de peu d’instruction mais doté d’un instinct fort développé. Il a une affection particulière pour Mina Sirois, une octogénaire divorcée et sans enfants, qui a tenu le dépanneur local durant plusieurs années. Malgré son âge, Mina habite seule son chalet, passe ses journées à écouter les nouvelles à la télévision et a même ouvert un compte Facebook. Rémi vient lui donner un coup de main pour rafistoler son chalet et garde un œil sur l’état de santé de cette dernière.
Mais il y a aussi les frères Boileau qui font la pluie et le beau temps à l’ouverture de la saison de chasse. La tension monte alors d’un cran. Ils perdent souvent le contrôle. Iront-ils jusqu’à poser des gestes regrettables, irréparables ?
Style minimaliste, comme toujours chez Lise Tremblay. Les personnages sont bien campés et la nature est au centre du récit au rythme lent, rien pour me déplaire.
L’Habitude des bêtes figurait parmi mes livres préférés de 2017. Je n’avais pas encore trouvé le temps de vous en parler. C’est chose faite !
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