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Question mal posée?

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 25 février 2021
Par M. Pierre Joncas

Le Journal d'Outremont vous encourage à nous communiquer vos lettres d'opinion. La rédaction se réserve le droit d'éditer les textes qui lui sont soumis pour en faciliter la lecture et la compréhension. Ne seront retenus que les textes sur des sujets pertinents, utilisant un langage non-discriminatoire, non-injurieux et écrit dans un français correct. Le Journal d'Outremont se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu. Vous pouvez nous communiquer votre missive par courriel en y indiquant votre nom et votre adresse. Nous publierons le nom du signataire de la lettre mais non son adresse. Les lecteurs pourront réagir à un propos en cliquant sur Ajouter un commentaire.


Comme mesure provisoire de santé publique pendant la pandémie de Covid-19, le gouvernement du Québec a décrété l’interdiction de rassemblements de plus de dix personnes dans les lieux de culte. Même si elle n’était pas défendable sur le plan scientifique, l’interdiction ne serait pas discriminatoire puisqu’elle vise également toutes les religions.

Le soir du vendredi 22 janvier, une centaine d’hommes et de garçons de la communauté hassidique skver, illégalement réunis à leur synagogue de l’avenue Durocher, ont forcé un cordon de police pour s’enfuir, certains lançant aux agents l’accusation « nazis ».

Le 29 janvier, la revue numérique The Conversation mettait en ligne « Hassidim et rassemblements illégaux : des pistes pour comprendre1 », signé Frédéric Dejean, professeur en sciences religieuses à l’UQÀM, et Valentina Gaddi, doctorante en sociologie à l’Université de Montréal. Onze mois auparavant, le 2 mars 2020, le maire Philipe Tomlinson avait annoncé leur embauche pour éclairer le Conseil d’Outremont sur la politique et les pratiques à adopter pour favoriser notre compréhension des Hassidim et améliorer nos relations intercommunautaires.

Ayant évoqué l’incident, Dejean et Gaddi mettent en garde leurs lecteurs contre la généralisation que tous les Hassidim ne respectent pas les consignes sanitaires et profèrent des insultes aux policiers. Certaines prières juives, expliquent-ils, sont collectives par nature : au moins une dizaine d’hommes doivent se rassembler pour les prononcer afin de les rendre agréables à Dieu. Ainsi, « renoncer […] à se retrouver pour la prière du Shabbat ne serait pas […] envisageable ». Tradition millénaire, la directive viendrait « directement de Dieu »; en conséquence, cette pratique « se poursuit […] même dans des situations extrêmes telles que l’Holocauste ». Dejean et Gaddi invoquent l’expertise de spécialistes du judaïsme orthodoxe cités par le Daily News (loin d’être le quotidien le plus fiable de New York) à l’effet que « le passage du présentiel au virtuel [met] à mal l’essence même de ce judaïsme ultra-orthodoxe ». Ils ajoutent : « Il y a là pour plusieurs observateurs de la vie publique une tension difficilement réconciliable entre le respect de la loi de Dieu et de la loi des hommes, la première l’emportant sur la seconde. » Tout en reconnaissant la difficulté pour une société laïque d’accepter la situation, ils laissent entendre que la question est mal posée et suggèrent un examen de la « supposée égalité » de tous devant les règlements pour limiter la pandémie.

Dans le but non pas d’engendrer « des aménagements spécifiques » mais de promouvoir une discussion féconde, Dejean et Gaddi notent l’opposition entre, d’une part, la responsabilité des autorités civiles d’adopter les mesures voulues pour contrer la propagation d’une pandémie et, d’autre part, la nécessité « de reconnaître la multiplicité des expériences personnelles et collectives qui ne sont pas toujours évidentes ». Voilà, résumé, l’article de Dejean et Gaddi. On trouvera en renvoi le lien vers leur texte pour permettre de juger si mon précis est fidèle. Cette question délicate de la plus haute importance justifie la précaution. À huit mois des élections, il importe de ne pas fausser le sens des propos d’auteurs dont les recommandations pourraient contribuer à fixer pour longtemps la nature de nos relations intercommunautaires. Le maire est fort de l’appui d’une majorité au Conseil, quoiqu’elle soit de plus en plus contestée. Les citoyens ont le droit d’être consultés et écoutés avant la prise de décisions difficilement révocables de nature à affecter en permanence la qualité de leur vie. En saine démocratie ce problème constituerait un enjeu électoral capital et sa solution exigerait un mandat clair.

• • •

Mes pensées, maintenant.

Je conviens, sans la moindre réserve, avec Dejean et Gaddi du péril des généralisations. Leur illogisme vaut pour les hassidim, les autres juifs, les chrétiens, les musulmans, les agnostiques, les athées, etc. Il m’est impossible d’oublier la persécution de tous les juifs, ainsi que des gitans et des homosexuels, sous le régime nazi : la barbarie et les outrages de ce régime ne sont pas le propre du monde civilisé. Il était donc impératif pour celui-ci de tendre la main aux victimes de celui-là et de les accueillir afin de leur permettre de revivre dans la dignité.

Il est raisonnable de présumer de la sagesse des principes du monde civilisé, dont celui de la soumission aux exigences de la raison, et de la noblesse de ses valeurs, dont celle de traiter l’autre en égal à moins qu’une inconduite persistante de sa part ne l’en rende indigne mais, même dans cette circonstance, de ne jamais le persécuter. J’ose croire qu’à Outremont nous appartenons au monde civilisé.

Le deuxième commandement du décalogue proscrit le mensonge sous serment et le juron. Mais pour un juif comme pour un chrétien, le texte biblique (« Tu ne prononceras pas à tort le nom du Seigneur, ton Dieu, car le Seigneur n’acquitte pas celui qui prononce son nom à tort ») comporte une interdiction largement ignorée, mais bien plus grave : celle d’attribuer le sceau divin à des ordres purement humains. Si je l’ai bien compris, ce commandement interdirait l’usurpation du pouvoir de réglementation morale appartenant à l’Être Suprême par des autorités religieuses ou autres. N’exigerait-il donc pas aussi des détenteurs de l’autorité civile – chrétiens ou juifs – de refuser tout concours aux autorités religieuses, quelle qu’en soit la confession, qui pratiqueraient cette imposture?

Je ne sais pas si, à l’origine, l’exigence d’un minimum de dix hommes pour la prière du sabbat constituait une usurpation consciente de l’autorité divine : je préfère imaginer que son invocation aujourd’hui illustre l’acceptation naïve d’une tradition vénérée depuis la nuit des temps, jamais remise en question. L’Être humain est toutefois doué de raison; si c’est Dieu qui l’a créé, Il l’en a doté. Équipé de cette précieuse faculté, le sens de la responsabilité devrait l’inciter à y recourir, même quand cela réclame de l’effort, voire du courage.

Quand un virus transmissible d’une personne à l’autre propage une maladie mortifère, la raison, soumise aux exigences de l’évidence scientifique, accepte toutes les précautions nécessaires. Quel dieu sensé demanderait à ses fidèles de mettre en péril leur vie en se rassemblant pour le vénérer et risquer ainsi de compromettre une vénération qui lui est agréable? Quel dieu bienveillant envers ses fidèles exigerait d’eux qu’ils se rassemblent pour lui adresser une prière? Dejean et Gaddi, ai-je noté, laissent entendre qu’en soulevant des objections aux accommodements revendiqués par les hassidim au nom d’une « supposée égalité » de tous devant les règlements sanitaires, notre société pose mal la question. Ceci porte à craindre qu’à leur avis, le jour où la crise de la Covid-19 sera terminée, notre société posera la question de façon encore pire.

• • •

L’Outremont où ma famille s’est installée en 1940 était aussi marqué par la diversité : anglophones et francophones en nombres grosso modo comparables, catholiques et protestants de même, et une population de confession juive non orthodoxe de taille moindre, mais suffisante pour justifier la synagogue Adath Israël, dont l’imposant édifice sert aujourd’hui à la communauté chrétienne maronite de Montréal sous le nom Saint-Antoine-le-Grand. À moins que ma mémoire ne me trompe, ces différentes communautés linguistiques et confessionnelles – enfant et adolescent, j’avais des copains dans chacune – se sont toujours voisinées dans la concorde et l’harmonie, chacune respectant les aspirations et les susceptibilités de celles l’ayant précédée sur ce territoire. Par contraste, si je m’en tiens aux propos souvent répétés par le maire Tomlinson et à ceux des universitaires Dejean et Gaddi dans leur article « Hassidim et rassemblements illégaux : des pistes pour comprendre », ce serait dorénavant à la société présente antérieurement à Outremont de se soumettre aux aspirations des communautés hassidiques nouvellement arrivées. Qui pose mal la question? Pierre Joncas

Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009

1 https://theconversation.com/hassidim-et-rassemblements-illegaux-des-pistes-pour-comprendre-154018

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Question mal posée?

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 25 février 2021
Par M. Pierre Joncas

Comme mesure provisoire de santé publique pendant la pandémie de Covid-19, le gouvernement du Québec a décrété l’interdiction de rassemblements de plus de dix personnes dans les lieux de culte. Même si elle n’était pas défendable sur le plan scientifique, [...]

Lettre d'opinion +
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Avenue Marie-Stéphane : Dogmatisme et subordination

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 25 février 2021
Par M. Marc Poulin

Une nouvelle avenue dans le campus MIL portera le nom d’avenue Marie-Stéphane en l’honneur de Sœur Marie-Stéphane, de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Joseph et de Marie, qui fonda l'École supérieure de musique d'Outremont qui deviendra [...]

Lettre d’opinion +
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Avenue Marie-Stéphane : Dogmatisme et subordination

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 25 février 2021
Par M. Marc Poulin

Le Journal d'Outremont vous encourage à nous communiquer vos lettres d'opinion. La rédaction se réserve le droit d'éditer les textes qui lui sont soumis pour en faciliter la lecture et la compréhension. Ne seront retenus que les textes sur des sujets pertinents, utilisant un langage non-discriminatoire, non-injurieux et écrit dans un français correct. Le Journal d'Outremont se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu. Vous pouvez nous communiquer votre missive par courriel en y indiquant votre nom et votre adresse. Nous publierons le nom du signataire de la lettre mais non son adresse. Les lecteurs pourront réagir à un propos en cliquant sur Ajouter un commentaire.


Une nouvelle avenue dans le campus MIL portera le nom d’avenue Marie-Stéphane en l’honneur de Sœur Marie-Stéphane, de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Joseph et de Marie, qui fonda l'École supérieure de musique d'Outremont qui deviendra l'École de musique Vincent-d'Indy.

 Buste de Sœur Marie-Stéphane.

Bien que la nomination soit bien à propos, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussées l’administration Projet Montréal à tronquer le mot Sœur dans le nom de la rue pour ne garder que le prénom. Je doute fort qu’en son temps personne n’eut oser appeler Sœur Marie-Stéphane par son simple prénom en public. Cet événement, bien anodin en apparence, témoigne cependant de problématiques bien plus profondes dans la gestion de notre arrondissement.

Dans un échange sur la page Facebook de notre Maire, j’ai tenté d’obtenir réponse à cette interrogation. En effet, je considère que tronquer le nom de la personne que l’on veut honorer est non seulement irrespectueux, mais que par le fait même on a manqué une occasion de souligner, indirectement, l’apport de la congrégation qui a tant fait pour Outremont. Certaines personnes ont volé à la rescousse du Maire en tentant d’arguer que les préfixes religieux ou autres ne font jamais partie de la toponymie. Pourtant cette règle est loin d’être absolue tel qu’en font fois les lieux suivants à Montréal : Place et la rue du Frère André, le Parc Sœur Madeleine Gagnon, le Parc Mahatma Gandhi, 2 parcs du Père Marquette, la rue du Père Marcoux, l'avenue du Père de Foucauld, Place Monseigneur Charbonneau, boulevard Curé Labelle, la rue du Président Kennedy, la rue du notaire Girard, la rue du docteur Penfield. Ce n’est pas une règle toponymique.

En fait, on a affaire à une décision consciente de Projet Montréal d’agir ainsi. D’ailleurs notre Maire a même affirmé dans nos échanges ‘’ Qu'elle ait été soeur ou non, nous sommes heureux d'avoir son nom sur une de nos avenues.’’ Comme si le fait d’avoir été sœur était une tare! Venant d’une administration pourtant si prompte à reconnaitre le fait religieux dans d’autres circonstances, cela est plutôt décevant. L’administration s’oppose à ce que le port des religieux soit réglementé, soit, mais n’est pas prête à tolérer le mot « sœur » sur un panneau de rue!

M. Tomlison, fidèle à ses habitudes, a tenté de faire porter le blâme sur d’autres, ici la Société d’Histoire d’Outremont. Mais il m’a été confirmé que cette dernière aurait souhaité que le nom « Sœur » soit retenu, mais la ville centre en a décidé autrement. Et là le bât blesse à nouveau. J’ai tenté d’obtenir de M. Tomlinson qu’il présente un amendement à la réunion du conseil de ville officialisant le nom afin que « Sœur » soit ajouté. J’ai seulement eu droit à un émoticône méprisant. En fait, ceci est un autre exemple de l’avilissement de notre Maire aux politiques de son parti à la ville centre. Plutôt que de prendre la cause juste et de la défendre au conseil de ville en notre nom, notre backbencher de Maire, plus loyal à son parti qu’à ses citoyens, préfère étouffer l’affaire.

Petite histoire mais qui témoigne, oh combien, de comment les choses sont menées à Outremont avec Projet Montréal : Dogmatisme et subordination à la ville centre.

Outremont mérite mieux!

Marc Poulin,
Av. de la Brunante, Outremont



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Céder un terrain à l’encontre des intérêts outremontais

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 22 février 2021
Par Mme Céline Forget

L’école Lajoie, constituée de deux bâtiments (un sur Lajoie et l’autre sur Outremont), reçoit de plus en plus d’élèves et souhaite agrandir sa cour. Le terrain de stationnement hors rue sur Champagneur, voisin de la cour d’école, suscite de l’intérêt. [...]

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Céder un terrain à l’encontre des intérêts outremontais

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 22 février 2021
Par Mme Céline Forget

Le Journal d'Outremont vous encourage à nous communiquer vos lettres d'opinion. La rédaction se réserve le droit d'éditer les textes qui lui sont soumis pour en faciliter la lecture et la compréhension. Ne seront retenus que les textes sur des sujets pertinents, utilisant un langage non-discriminatoire, non-injurieux et écrit dans un français correct. Le Journal d'Outremont se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu. Vous pouvez nous communiquer votre missive par courriel en y indiquant votre nom et votre adresse. Nous publierons le nom du signataire de la lettre mais non son adresse. Les lecteurs pourront réagir à un propos en cliquant sur Ajouter un commentaire.


L’école Lajoie, constituée de deux bâtiments (un sur Lajoie et l’autre sur Outremont), reçoit de plus en plus d’élèves et souhaite agrandir sa cour. Le terrain de stationnement hors rue sur Champagneur, voisin de la cour d’école, suscite de l’intérêt.

L’arrondissement entend le céder à l’école qui en fera un mini parc avec divers jeux et promet d’en laisser l’accès aux Outremontais le soir et les fins de semaine.

Mais pourquoi se départir d'un terrain public et perdre cet avoir collectif alors que l’arrondissement pourrait très bien réaliser ce mini-parc et le rendre accessible aux élèves de Lajoie durant les jours de classes ?

La meilleure façon d’assurer l’avenir de cet espace est de le conserver. Dans ce secteur de triplex, proche de l’avenue Bernard, il a une grande importance pour Outremont. Qu’il devienne une aire de stationnement de voitures électriques, de vélos, un mini-parc, une coop, ou autre… qui peut prédire les besoins de l’arrondissement dans 25 ans ? Laissons la vocation de cette parcelle évoluer selon nos besoins à venir. Faisons-en un mini-parc maintenant si les citoyens et commerçants sont en accord, mais sans le céder.

Si l’école en devient propriétaire, elle pourrait éventuellement décider de vendre un des bâtiments ou les deux pour des raisons qui lui appartiennent et le terrain de jeux partirait avec la vente.

Céder un terrain public est une démarche sérieuse, irréversible.

De plus, l’accès aux jeux n’est pas toujours possible lorsque ceux-ci sont dans l’enceinte de l’école. Prenons celui de l’école Guy-Drummond, par exemple. La clôture de la cour d’école est souvent fermée les soirs et la fin de semaine. Les enfants n’ont pas accès aux jeux qui ont pourtant été payés par l’arrondissement.

Pourquoi nous faudrait-il devenir locataires d’un espace dont nous sommes propriétaires ? Sur Champagneur, l’arrondissement doit garder ce terrain, consulter les Outremontais sur son usage, le convertir en mini-parc public si tel est la volonté, créer une entente avec l’école et conserver le contrôle sur l’accès au parc. Tout le monde y trouverait son compte.

Céline Forget,
Outremont



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Ruelles vertes: la fuite en avant de Projet Montréal s’accélère

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 18 février 2021
Par M. Simon Latraverse

Le Journal d'Outremont vous encourage à nous communiquer vos lettres d'opinion. La rédaction se réserve le droit d'éditer les textes qui lui sont soumis pour en faciliter la lecture et la compréhension. Ne seront retenus que les textes sur des sujets pertinents, utilisant un langage non-discriminatoire, non-injurieux et écrit dans un français correct. Le Journal d'Outremont se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu. Vous pouvez nous communiquer votre missive par courriel en y indiquant votre nom et votre adresse. Nous publierons le nom du signataire de la lettre mais non son adresse. Les lecteurs pourront réagir à un propos en cliquant sur Ajouter un commentaire.


Non, je ne suis pas obsédé par les ruelles vertes de Projet Montréal, et je suis bien d’accord avec l’idée du verdissement des ruelles, mais ce qui me dérange profondément, c’est l’approche prise par Projet Montréal.

 Carottage dans la ruelle au nord de Lajoie entre McEachran et Dollard (Projet Ruelle des arts). PHOTO COURTOISIE

Outremont avait depuis 2009 une politique des ruelles vertes. En avril 2019, l’administration Tomlinson, pour ne pas être en reste sur les autres arrondissements Projet-Montréal, a jeté cette politique aux rebuts pour adopter sa propre politique calquée sur celle du Plateau. En plus de donner plus de valeur aux voix de ceux qui proposent des aménagements (25% suffit) qu’à celles de ceux qui s’opposent (50%+1 est nécessaire), la nouvelle politique des ruelles vertes préconise et privilégie la déminéralisation des ruelles (extraction de l’asphalte) comme base du verdissement. La déminéralisation peut prendre deux formes, soit l’excavation de tranchées au milieu de la ruelle et l’installation de pavés alvéolés pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie, soit l’excavation d’un tronçon de la ruelle sur toute sa largeur pour l’aménagement de zones champêtres. La politique de Projet Montréal à Outremont privilégie les aménagements champêtres à cause des bénéfices écologiques et sociaux mythiques immenses qu’elle leur prête.

Suite au dépôt de la politique, sept (7) projets de ruelle verte ont été élaborés à l’automne 2019 et au printemps 2020 par des comités verts avec une participation plus ou moins forte des riverains. En principe, selon le Guide des ruelles vertes d’Outremont, un comité vert doit être composé de 5 résidents et il doit y avoir 25% de lettres d’approbation signées par des riverains, mais il ne semble pas y avoir eu de décompte systématique des résidents, ni de contrôle rigoureux du 25%. Les projets soumis par les comités verts ont été approuvés par l’arrondissement après étude préliminaire et ils ont fait l’objet en juillet 2020 de présentations qui peuvent être visionnées sur le site des webdiffusions. Je me suis farci l’écoute de ces sept présentations, j’ai pris note des plans et j’ai établi à l’aide de Google Maps aussi précisément que possible les dimensions des aménagements proposés. Présentement, l’administration Projet-Montréal et le bureau des projets d’Outremont sont engagés dans une course contre la montre pour réaliser les 7 projets au printemps, faire des inaugurations pendant tout l’été et en tirer profit pour les élections à l’automne 2021.

La confection des plans a débuté à l’automne 2020 et on a vu dernièrement une équipe de forage venir prélever des carottes dans les ruelles pour faire l’analyse des sols. Cette analyse est cruciale pour déterminer la perméabilité des sols, la profondeur à excaver et le type de remblai à installer pour assurer l’écoulement des eaux, la stabilité des pavés alvéolés et le type et succès des plantations de végétaux. Elle permettra d’estimer les coûts d’excavation et de remblai, et le volume de sols contaminés à extraire dont il faudra disposer éventuellement séparément.

A Outremont, contrairement aux autres arrondissements, les ruelles doivent être déneigées pour permettre le stationnement et l’enlèvement des ordures. Environ 75% de la longueur nord-sud des ruelles que l’on veut déminéraliser donne sur des espaces de stationnement. Pour permettre le passage des engins lourds, on laissera des roulières asphaltées sur les côtés et l’on excavera au milieu des ruelles des tranchées d’un mètre de large où on installera des pavés alvéolés. Comme les zones champêtres ont rencontré quelque résistance auprès des résidents, Projet-Montréal, faisant croire que c’est l’initiative des comités verts et des résidents, s’est rabattu sur les tranchées en pavés alvéolés pour maintenir son objectif de déminéralisation.

A partir des plans présentés par l’arrondissement, j’ai estimé qu’on excaverait près de 575 m de tranchées et 800 m2 de zones champêtres ou entrées de ruelles, soit 1 375 m2 pour une profondeur moyenne de 1 m et un coût de 137 500 $ au prix de 100 $/m2. Il est possible que la profondeur d’excavation soit inférieure en certains endroits ou supérieure selon la capacité d’absorption du sol ou le type de plantations. La profondeur d’excavation ne devrait que marginalement affecter les coûts.

J’ai calculé qu’on installera environ 950 m2 de pavés alvéolés (type Cassara Verde). Pour couvrir un m2 en pavés alvéolés, il faut selon le fabricant (Permacon) 8,2 pavés. Le prix du pavé sera d’environ 9 $ l’unité, pour un coût estimé de près de 300 $/m2 comprenant pavé, terreau, graminées et installation. Le coût total des pavés alvéolés serait ainsi d’environ 282 000 $ pour les 7 ruelles vertes.

Cependant, comme l’asphalte existante des ruelles est fortement dégradée et qu’il faut assurer une capacité portante suffisante des roulières, un support latéral adéquat aux pavés alvéolés, ainsi qu’une pente vers la tranchée, si on veut réellement drainer les eaux de pluie, il sera nécessaire, aux dires mêmes du spécialiste de l’arrondissement (présentation l’Aquaruelle 14 juillet) de refaire à neuf la fondation et l’asphalte des roulières, le long des tranchées centrales. La solution retenue serait celle du béton rainuré ce qui implique de couler une couche de béton sur une base d’agrégats, comme on fait pour les trottoirs, et d’imprimer des rainures.

Dans l’éventualité où cette solution serait appliquée partout tout où l’on prévoit creuser des tranchées, il faut s’attendre à une augmentation très substantielle des coûts, peut-être de 200 000 $ ou même davantage. Il est possible que la solution des roulières en béton soit nécessaire pour éviter les problèmes de capacité portante et de drainage, et aussi parce que de laisser le vieil asphalte, ce ne serait pas très beau et très durable. Alors, on aura glissé vers une solution où on refait les ruelles à neuf, alors qu’au départ, on ne disait que vouloir les verdir.

Par mesure de prudence, je n’ai ajouté dans mon estimation que les 150 m linéaires de roulières en béton prévus dans les plans pour 2 ruelles, à 300 $/m2 et un coût de 45 000 $, sans ajout pour les autres ruelles où l’on projette de creuser des tranchées. J’ai ajouté aussi 40 000 $ pour les 8 barrières amovibles que l’on prévoit installer, ainsi que 20 000 $ pour les plantations de végétaux et le mobilier (bancs, bacs, armoires à poubelles, etc.), ce qui est peu. L’estimation du coût des travaux pour les 7 ruelles grimpe à 525 000 $; une marge de 20% d’imprévus porte le total à 630 000 $. Enfin, il faut ajouter le coût des analyses de sol, estimé à 50 000 $, et les honoraires des architectes et des ingénieurs, estimés à 15% du coût des travaux, soit 80 000 $.

Par cet exercice, j’arrive à un coût total estimatif de 760 000 $ pour les 7 ruelles vertes prévues en 2021, ce qui à mon avis est un chiffre conservateur. De plus, il faut ajouter à ce montant la rémunération et les charges du spécialiste des ruelles vertes, soit environ 100 000 $/an ou 200 000 $ pour 2019/20 et 2020/2021, plus les salaires et charges des employés municipaux qui seront impliqués dans les aménagements et dans l'entretien des ruelles vertes, ces coûts étant imputés au budget de fonctionnement. On arrive donc facilement à coût total de 1 000 000 $.

Il est alors très probable que les montants investis dans les ruelles vertes en 2020/21 soient bien supérieurs à ce qui est prévu au Programme triennal d’investissement (PTI) qui est de 250 000 $ pour 2020/21 (250 000 $ pour 2021/22 et 300 000 $ pour 2022/23).

A mes questions répétées aux séances du conseil à savoir comment l’arrondissement ferait pour rentrer dans le budget du TPI, Mme Patreau et le maire Tomlinson ont d’abord répondu que les coûts ne seraient pas si élevés, pour ensuite dire que l’arrondissement disposait de surplus. Effectivement, dans sa réponse aux citoyens en désaccord avec le projet « Ruelle des oiseaux » (Rockland-Davaar/Van Horne-Ducharme) qui s’inquiétaient des coûts du projet, le maire Tomlinson a répondu que « l’arrondissement a depuis des années accumulé de gros montants non utilisés dans d’anciens projets d’immobilisation », et donc il n’y a pas de problème à la dépense et vous n’aurez pas d’augmentation de taxes. Nous aimerions savoir quels sont ces montants non inutilisés qui viendraient s’ajouter au règlement d’emprunt AO-509 de 800 000 $, le maire Tomlinson peut-il donner un chiffre?

Donc, sur la base de mon analyse, j’accuse l’administration Projet-Montréal, afin de satisfaire ses partisans et dans une approche clairement électoraliste, de manquer de transparence et de leurrer les citoyens sur les coûts des ruelles vertes et d’adopter des priorités d’investissement qui n’ont pu être évaluées et approuvées par les citoyens. De plus, si on prend en exemple les passages piétonniers chromés de la rue Lajoie et la placette plaquée-or de l’Espace Champagneur à côté du théâtre Outremont, cette administration ne lésinera pas sur les moyens pour avoir du beau et on se retrouvera avec des ruelles vertes qui auront coûté très cher pour des bénéfices qui n’ont pas été évalués sérieusement et une durabilité incertaine, car l’entretien sera à la charge des résidents. Qui seront-ils, les 25% qui auraient voté pour, ou les 75% qui ne se sont pas prononcés ou qui sont contre? Et voilà! Vlan pour la durabilité et l’harmonie entre voisins à la Projet Montréal! Et vlan pour la restreinte dans les dépenses, car une fois les projets réalisés, il faudra rembourser les emprunts par nos taxes! Nous sommes en année d’élections, n’est-ce pas?

Simon Latraverse, Outremont



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Ruelles vertes: la fuite en avant de Projet Montréal s’accélère

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 18 février 2021
Par M. Simon Latraverse

Non, je ne suis pas obsédé par les ruelles vertes de Projet Montréal, et je suis bien d’accord avec l’idée du verdissement des ruelles, mais ce qui me dérange profondément, c’est l’approche prise par Projet Montréal. [...]

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La Maison Holmes-McFarlane ou le patrimoine laissé pour compte

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COURRIER DES LECTEURS
Publication : 15 février 2021
Par Lise Anne Desjardins et de Paul Granda

Le Journal d'Outremont vous encourage à nous communiquer vos lettres d'opinion. La rédaction se réserve le droit d'éditer les textes qui lui sont soumis pour en faciliter la lecture et la compréhension. Ne seront retenus que les textes sur des sujets pertinents, utilisant un langage non-discriminatoire, non-injurieux et écrit dans un français correct. Le Journal d'Outremont se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu. Vous pouvez nous communiquer votre missive par courriel en y indiquant votre nom et votre adresse. Nous publierons le nom du signataire de la lettre mais non son adresse. Les lecteurs pourront réagir à un propos en cliquant sur Ajouter un commentaire.


Bonjour,
Nous sommes consternés de voir que cette maison patrimoniale (la Maison Holmes-MacFarlane NDLR) est laissée à l’abandon et que l’arrondissement ne la protège pas de la détérioration comme elle le mérite.

Cette maison a été donnée à l’arrondissement par les petites filles de Monsieur Holmes qui l’a construite et qui doit se retourner dans sa tombe devant l’insouciance de l’arrondissement à la maintenir en bon état.

Vous négligez d’engager les frais d’entretien alors que vous gaspillez des sommes considérables à faire des intersections en dalles qui vont certainement tenir moins longtemps que cette majestueuse maison unique.

Si l’arrondissement ne veut pas s’en occuper comme il se doit, allez à la Cour et faites-vous libérer de la clause testamentaire et vendez-la à des gens qui vont l’entretenir avec respect !

C’est vraiment honteux !
Lise Anne Desjardins et Paul Granda
Avenue Antonine Maillet



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La Maison Holmes-McFarlane ou le patrimoine laissé pour compte

Détails
COURRIER DES LECTEURS
Publication : 15 février 2021
Par Lise Anne Desjardins et de Paul Granda

Bonjour,
Nous sommes consternés de voir que cette maison patrimoniale (la Maison Holmes-MacFarlane NDLR) est laissée à l’abandon et que l’arrondissement ne la protège pas de la détérioration comme elle le mérite. [...]

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