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Le 30 mai, le maire d’Outremont annonçait un régime sévère de tarification pour le stationnement dans l’arrondissement. La circulation, la pollution et les gaz à effet de serre (GES) en seraient réduits; l’espace occupé sur nos rues par des visiteurs serait rendu, en partie, aux résidants pour le rangement de leurs voitures.
Objectifs louables, mais la méthode proposée contribuera-t-elle suffisamment à leur atteinte pour en justifier les effets délétères? D’autres mesures ne pourraient-elles pas y contribuer autant, voire mieux, avec des inconvénients moindres?
Quels problèmes peut-on anticiper sous le régime proposé par Philipe Tomlinson?
Les premiers à être affectés seront les commerçants, notamment ceux de la restauration. Le soir, la plupart des visiteurs s’attablent plus de deux heures pour passer la veillée avec des amis. Ils viennent de trop loin pour accepter de se rendre à pied, en métro ou en autobus. S’ils ne peuvent prendre leur voiture, ils ne viendront pas. Mais pourquoi, demandera-t-on, nous soucierions-nous de la commodité d’étrangers?
Le nombrilisme de la question, ainsi posée, me déplaît. J’y répondrai néanmoins.
Pour rentabiliser un restaurant, il y a un seuil minimum d’achalandage: au-dessus, il prospère; au-dessous, il sombre. Nos restaurants ne sont pas des lieux de convivialité pour les seuls visiteurs: ils le sont tout autant pour les résidants. Si, faute d’achalandage suffisant, ils sont réduits à déposer leur bilan, les Outremontais, eux aussi, les perdront. Le maire et ses conseillers y ont-ils réfléchi? Le péril de la perte d’achalandage s’applique également aux autres commerces.
Les commerces de proximité contribuent plus que leurs produits et leurs services à la qualité de notre vie: ils constituent un élément essentiel de l’âme d’Outremont. Mais pour combien de temps si l’on fait disparaître les conditions de leur survie? La fermeture d’un commerce est une tragédie pour ceux qui mettent la clé sous le paillasson et pour leurs employés; elle entraîne une perte de services précieux pour les riverains et une disparition de sourires qui ensoleillent la communauté entière.
La planète fait incontestablement face à une urgence climatique et écologique. Tous et chacun, nous sommes, responsables de contribuer à sa solution. Il m’étonnerait cependant que, aux heures de pointe d’un jour ouvrable, les engorgements de circulation sur l’avenue Van Horne ne génèrent pas plus de pollution et de GES que toutes les automobiles de passage le reste de la journée, voire de la semaine. Parmi les facteurs y contribuant, il y a la mauvaise coordination des feux de circulation et, plus encore, l’engagement, entre autres l’après-midi à la sortie Van Horne de McEachran, de voitures traversant cette artère quand il n’y a pas encore de place libre de l’autre côté. Le feu change et elles bloquent la circulation sur Van Horne, la ralentissant considérablement. Que de litres d’essence brûlés inutilement, que de pollution et de GES! Pourquoi ne cherche-t-on pas d’abord à résoudre ce genre de problème?
Avant d’imposer des mesures draconiennes, le maire Tomlinson, ses conseillers et les édiles de Montréal seraient sages d’examiner attentivement l’ensemble du problème et de réfléchir aux effets secondaires défavorables de la réglementation esquissée le 30 mai.
Pierre Joncas
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Commentaires
Par quelle méthode de calcul en est-il arrivé à conclure que les stationnements payants suffiront aux besoins des clients sur les terrasses et à l’intérieur des restaurants sur Bernard entre Wiseman et Bloomfield? J’en compte huit. Chez deux d’entre eux, je le reconnais, les clients restent normalement moins de deux heures. Cependant, il faut aussi tenir compte des spectateurs au Théâtre Outremont lorsqu’il s’y produit un événement. Si tous les espaces avec parcomètres sont occupés à leur arrivée, des visiteurs devront stationner leur véhicule sur une avenue transversale. Ils s’exposeront alors à un constat d’infraction – à moins que les responsables de la surveillance n’y soient pas plus vigilants que pour sanctionner l’occupation illégale de l’espace réservé aux handicapés devant Première Moisson.
Sans offrir le moindre exemple, le maire affirme que «la preuve est faite à [de] multiples endroits dans le monde que tenter d’augmenter la fluidité de la circulation» a l’effet contraire. C’est manquer du sens de la responsabilité que d’affirmer – d’autorité, et rien de plus – qu’aucun progrès n’est réalisable et d’ainsi justifier ne pas pousser plus loin la réflexion. Sauf de rares voitures électriques, les véhicules traversant l’arrondissemen t à vitesse d’escargot aux heures de pointe dégagent bien plus de polluants et de GES que ceux, relativement clairsemés le soir et le weekend, roulant à allure normale vers un restaurant ou la résidence d’amis; stationnés, les véhicules n’émanent ni polluants, ni GES. S’il n’est pas d’accord, le maire aura l’occasion, le soir du 19 juin au CCI, de confondre les sceptiques dont je suis.
S’il se soucie sérieusement de la pollution et des GES, M. Tomlinson s’activera plutôt à diminuer le fort volume de véhicules traversant l’arrondissemen t; s’il prétend n’en pas avoir la compétence, il fera valoir de solides arguments rue Saint-Jacques où loge cette compétence et où règne Projet Montréal, le parti dont il est un élu. Sur les avenues d’Outremont où le stationnement cause aux riverains un problème qu’atténueraien t des vignettes, il fera adopter cette solution; seuls les déraisonnables rouspéteront. Toutefois, le régime simpliste, «une taille pour tous», proposé sans la moindre consultation des résidants, est une solution pour un problème non existant: il en créera d’épineux là où il n’y en a aucun encore.
Par égard pour le bien des résidants d’Outremont, j’espère que le maire et les conseillers qui l’appuient suspendront leur décision, réfléchiront davantage et consulteront leurs commettants avant d’adopter leur projet draconien. Il y a un grand mérite à reconnaître une erreur et à repenser un problème. Si M. Tomlinson consentait à le faire, il faudrait lui en savoir gré.
Pierre Joncas
https://vivreenville.org/media/32324/VeV_Index_11-07_VF.pdf
https://www.citylab.com/transportation/2018/09/citylab-university-induced-demand/569455/
https://www.lesoleil.com/chroniques/francois-bourque/la-fatalite-du-trafic-0261a8d1fd17c18ddb5bc9d403360f78
Pour les stationnements hors rues à Outremont à proximité des avenues commerciales, nous avons les informations sur l'utilisation des parcomètres dans ces stationnements et les chiffres prouvent que ces endroits sont loin d'être à capacité. Su le volume de véhicules en transit, nous croyons que notre plan aura un effet dissuasif sur ceux qui viennent en voiture uniquement parce que le stationnement est gratuit - c'est déjà une quantité non négligeable de véhicules qui ne circuleront plus sur nor rues. Pour ce qui est de la quantité de voitures en général, le municipal n'a pas ce pouvoir, il est au fédéral. Au plaisir!
Au début de sa réponse, le maire écrit «voici des preuves». Il propose trois liens acheminant à une documentation volumineuse. Il faudrait des heures pour la dépouiller avec soin et en tirer les éléments pertinents – s’il s’en trouve. Il y a plein de généralités sur la circulation, mais sans rapport avec les problèmes particuliers d’Outremont. On peut aussi y lire une chronique, signée François Bourque du Soleil de Québec, expliquant le souhait du maire Labeaume que les Bruins de Boston remportent la coupe Stanley. Je n’y ai repéré aucune «preuve».
Pierre Joncas