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McDougall : une avenue et son Manoir

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 13 mars 2018

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire [...]

Odonymie +
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McDougall : une avenue et son Manoir

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 13 mars 2018

PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.

Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org

En 1907, les Clercs de Saint-Viateur vendent leurs derniers terrains, situés autour de la propriété de A.-Ovide Morin, au conseiller juridique de la Ville, Charles-P. Beaubien, frère de l’échevin Joseph Beaubien. Le nouveau propriétaire terrien de 221 515 pieds carrés soumet un plan de subdivision, qui est accepté par la Ville, et réclame l’ouverture et l’aménagement d’une avenue au milieu de sa propriété. Or, il existe depuis 1898 un tronçon de l’avenue Champagneur au sud de l’avenue Québec (Elmwood), auquel il faut se raccorder. En prolongeant en ligne droite ce bout de rue, il faudrait déplacer ou démolir la seule grosse maison en place. Malgré des pressions en faveur d’une rue droite, la conservation de la maison Bouthillier-McDougall-Morin l’emporte et l’avenue prendra une courbe pour atteindre le chemin de la Côte-Sainte-Catherine. L’avenue a été tracée en 1907 et ouverte l’année suivante.

Les premiers bâtiments y sont construits en 1910, sauf évidemment la maison patrimoniale (221), et plus de la moitié des 30 maisons de l’avenue datent de la décennie 1910. Deux seulement ont été érigées après la Seconde Guerre mondiale, la plus récente en 1949 (numéro 277). Elles sont de taille variable, allant de la petite au numéro 268 (1936) à la grande au 281 (1912). Après des années, le 259, datant de 1910, a pris des dimensions importantes et une grande allure.

Il s’agit dans l’ensemble d’habitations unifamiliales, dont une douzaine sont jumelées, les autres isolées. Leurs façades sont généralement articulées sur deux ou trois plans et se prolongent parfois par un porche couvert, un balcon à l’étage ou une galerie. La recherche décorative reste toujours discrète se limitant à une alternance de matériaux, une belle corniche ou une fine balustrade de galerie. L’ancienne maison Bouthillier conserve son caractère néoclassique d’inspiration palladienne et le numéro 268 fait figure de pionnière du mouvement rationaliste moderne à Outremont. [P.-R. Bisson (1991), Outremont et son patrimoine, fichier signalétique des rues].

L’avenue McDougall, régulièrement bordée de beaux arbres, ménage une percée visuelle intéressante vers le nord, qui aboutit au monument commémoratif des soldats morts pour leur patrie.

Un odonyme controversé
Qui a choisi l’odonyme? Il faut ici rappeler que les Clercs de Saint-Viateur avaient donné en 1898 le nom de Champagneur au premier tronçon de cette avenue, au sud d’Elmwood d’aujourd’hui. Il faut se souvenir aussi que le tronçon complémentaire de ce tracé initial n’a été établi qu’après la vente des derniers terrains de l’Institution Catholique des Sourds-Muets entourant la maison Morin, c’est-à-dire en 1907, date à laquelle la Ville a pris possession de l’assiette de la rue. Ce sont les Beaubien (Louis, Charles, Joseph) qui en poussaient alors l’ouverture auprès du conseil municipal (juillet et août 1907), présidé par le maire Alfred Joyce. On sait que ce dernier s’était souvent opposé aux requêtes du frère Charest et tenait les Beaubien à l’œil.

Il semble bien qu’on ait écarté Champagneur, le nom prédéterminé de cette rue, en se disant que les Clercs, maintenant en mauvaise situation financière, avaient suffisamment baptisé de rues. Les Beaubien auraient pu proposer le nom de Bouthillier, responsable de la renommée de la ferme Outremont. Aucun document ne révèle les tractations au sujet du choix de McDougall, bien qu’on puisse y voir un accord entre le conseil municipal à majorité anglaise et le propriétaire français, avocat de la Ville. Dans les circonstances, l’influence du maire est pesante et Alfred Joyce a fort probablement proposé ou appuyé l’odonyme de McDougall.

Bref, l’avenue McDougall rappelle la mémoire de Donald Lorn MacDougall (sic), financier prospère, qui a pendant une trentaine d’années habité la célèbre maison Bouthillier alors mieux connu sous le nom de « McDougall Mansion ».

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L’Avenue Ainslie, du classique au moderne

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 15 août 2017
PHOTOS MARILI SOUDRE-LAVOIE

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.

Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org

Dans l’angle formé par le chemin de la Côte-Sainte-Catherine et l’avenue Rockland, au sud du parc Joyce, le lot 41 appartenait, en 1870, au marchand montréalais Alex McGibbon. Devenu insolvable, sa ferme est vendue, en novembre 1873, à Gustave d’Odet d’Orsonnens, alors propriétaire du lot 40. À son tour, celui-ci la cède à David Lockhead, en 1880, et trois ans plus tard, ses exécuteurs testamentaires la vendent à R. Walker et al. Enfin, c’est James Ainslie qui l’acquiert, en 1887, et la conserve telle quelle jusqu’en 1905, date de son entrée à l’hôtel de ville d’Outremont à titre d’échevin jusqu’en 1914.

L’avenue Ainslie ne compte qu’une douzaine de maisons construites entre 1907 (no 25) et 1989 (no 23). La moitié date de la décennie de 1910 et le quart de celle de 1930. Il s’agit de résidences unifamiliales, la plupart de haut standard, qui permettent d’intéressantes comparaisons architecturales, allant du classique au moderne.

Les deux plus anciennes maisons se trouvent au bout de la courte rue. Le cottage sis au numéro 25, qui date de 1907 (Saxe & Archibald, arch.), a été construit pour Robert Pitt et a été modifié en façade par l’architecte André Blouin, en 1970, qui en était alors propriétaire. En face, en position surélevée, la belle demeure de Fernand Guérin (no 26) a été bâtie, en 1912, selon les plans de l’architecte Zotique Trudel. Elle est remarquable par son volume, son revêtement, son porche majestueux, sa corniche ouvragée et son fronton triangulaire : une magnifique maison d’époque!

Les architectes Turner & Carless ont doté l’avenue de ses deux résidences les plus somptueuses en 1914. Les « châteaux » d’Édouard Ouellette (no 18) et de Rodolphe Tourville (no 22), érigés en même temps par les mêmes entrepreneurs, Laurent et Frère, sont dignes de longues observations tant leur architecture parait élaborée. La maison Tourville, qui comprend 20 pièces, s’avère remarquable par son gabarit, son toit en ardoise, son revêtement en brique picotée, son style éclaté, son grand hall intérieur, son escalier monumental, sa verrière, sa salle à manger lambrissée d’acajou avec un plafond de plâtre en relief, son salon de style georgien avec de somptueux lambris de chêne et une immense rosace au plafond, un autre salon plus petit de style français avec un magnifique plafond de plâtre décoré, autre fois réservé aux dames. Au moment de la construction de sa maison à Outremont, Rodolphe Tourville exploitait un moulin à bois et dirigeait la Compagnie électrique de Louiseville. Il était député de Maskinongé et actionnaire de plusieurs entreprises immobilières, dont celle qui développait la nouvelle ville de Maisonneuve à l’est de Montréal. Au début du siècle, l’habitation a subi une restauration de fond en comble et a retrouvé son lustre d’antan. En 2005, elle a obtenu le prix émérite du patrimoine de l’arrondissement d’Outremont décerné par la Ville de Montréal.

De l’autre côté de la rue, après des rénovations en 1995, le cottage de brique pâle au numéro 11 a retrouvé sa beauté d’origine, celle que lui avait donnée l’architecte Joseph-A. Sawyer, en 1914. La maison de J.-H. Gareau s’est alors parée de sa splendide galerie à colonnes, d’une corniche et d’un parapet rafraichis : c’est maintenant un bijou patrimonial!

Outre ces immeubles remarquables, l’avenue Ainslie présente de beaux cottages de pierre (15, 21 et surtout 19), une pimpante maison de stuc blanc (7), datant de 1936, plusieurs demeures recouvertes d’un toit en forme de versant (17, 21) et quelques résidences de style moderne (7,10). Bref, un petit bout de rue des plus joli.

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L’Avenue Ainslie, du classique au moderne

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 15 août 2017

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont. [...]

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Duprat alias Pratt

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 30 novembre 2016

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont [...]

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Duprat alias Pratt

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 30 novembre 2016

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. Avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.

Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org

En 1916, l'arpenteur-géomètre Gabriel Hurtubise présente aux gestionnaires de la succession de John Pratt un projet de subdivision du lot 44, qui prévoit le tracé d'une nouvelle rue à l'ouest de l'avenue Dunlop, mais sans l'identifier. Quatre ans plus tard, ceux-ci offrent à la Ville, en échange d'une lisière de terrain cédée en 1910, l'espace nécessaire à l'ouverture d'une avenue de 66 pieds de largeur sur 800 pieds de longueur, entre les avenues Lajoie et Van Horne, à la condition qu'elle porte le nom de Pratt à perpétuité, ce que le conseil accepte à sa réunion du 2 février 1920. C'est ainsi qu'est née l'avenue Pratt. En octobre de l'année suivante, ils offrent le terrain requis pour son prolongement entre Van Horne et le chemin Bates, conformément au plan de lotissement. L'acte de cession est signé le 4 janvier 1922.

L'enfouissement des canalisations d'eau et d'égout s'effectue, en 1920, entre Lajoie et Van Horne. Il reprend en 1923, jusqu'à North (auj. du Manoir) et se prolonge, en 1929, pour atteindre le chemin Bates. Le pavage de la chaussée a suivi à peu prêt les mêmes étapes.

L'avenue porte le nom imposé par les cédants du terrain dans le but de perpétuer la mémoire de John Pratt. Celui-ci est le fils de Jean-Baptiste Duprat d'origine française et de Louise Payet, qui habitent Berthier, où le père exerce le métier de forgeron. Jean Duprat, né en 1812, y fait ses études et, en 1833, avec son frère aîné, Charles-Ferdinand, s'en va ouvrir un commerce à Québec sous le nom de Pratt & Co. En 1836, ils achètent deux lots dans la seigneurie du cap de la Magdeleine, qu'ils vendront dix ans plus tard. Le 1er août de la même année, ils ouvrent un second commence à Trois-Rivières. En 1839, John fonde à Montréal, au 175 de la rue Saint-Paul, sa propre entreprise, la John Pratt & Co., spécialisée dans la vente de vêtements et d'articles en cuir. En 1840, il épouse Mathilde Roy, une jeune veuve de 20 ans, qui lui donnera sept enfants. Il devient par la suite un homme d'affaires prospère, qui investit dans l'immobilier, le commerce, les banques, les transports et l'industrie. À son décès à l'âge de 64 ans, Jean Duprat alias John Pratt était devenue l'un des plus riches Canadiens français de son époque sous un nom anglicisé. Il habitait alors une grande résidence en pierre au 310 de la rue de la Gauchetière à Montréal.

De son vivant, John Pratt avait acquis la ferme Murray (lot 33) à Outremont, qui fut vendue 12 000$ aux Clercs de Saint-Viateur, en 1886, par les administrateurs de sa succession. Ce sont eux qui y achetèrent le lot 44 en 1892 et le mettront en valeur au XXe siècle. En 1910, Charles-Édouard Gravel succède à son père Joseph-Ovide, comptable, comme principal exécuteur et administrateur de la succession Pratt et devient conseiller municipal d'Outremont de 1925 à 1932. Il sera remplacé de 1932 à 1943 par Georges-Arthur-Frédéric Pratt, courtier d'assurances, lui-même administrateur de la succession de son grand-père. Celui-ci habitait au 734 de l'avenue Pratt.

Parc Pratt
Le 5 juin 1929, la succession de John Pratt offre à la Ville d'Outremont un terrain de 300 pieds sur 242 (72 600 pieds carrés) pour 39 930$, mais la municipalité se dit plutôt intéressée à tout le quadrilatère Lajoie-Dunlop-Van Horne-Pratt (192 000 pieds carrés) pour en faire un parc. Le 3 juillet 1929, la succession Pratt lui vend ledit espace pour 100 000$. L'année suivante, le 18 juin, le conseil municipal donne le nom de John Pratt au nouveau parc.

L'aménagement de l'ancien terrain de golf relève de l'ingénieur et gérant de la Ville, Émile Lacroix, assisté de l'architecte paysagiste, Aristide Beaugrand-Champagne, et de l'horticulteur, Thomas Barnes. Ceux-ci profitent du relief du terrain – une dénivellation d'une cinquantaine de pieds – pour créer un splendide paysage où serpente un cours d'eau canalisé, qui alimente deux grands bassins, grâce à un système de pompage d'eau en profondeur localisé dans le chalet.

Le parc s'avère un joyau d'aménagement paysager, une richesse de l'arrondissement d'Outremont.

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DAVAAR, UN ODONYME DECONCERTANT

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 13 juillet 2016
Par Ludger Beauregard, répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. À chaque numéro du journal d’Outremont, [...]

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DAVAAR, UN ODONYME DECONCERTANT

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HISTORIQUE DE RUES
Publication : 13 juillet 2016
Par Ludger Beauregard, répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires

L’odonymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. À chaque numéro du journal d’Outremont, avec l’aimable collaboration de la Société d’histoire d’Outremont, nous retraçons l’histoire d’une rue d’Outremont.

Les renseignements ci-dessous sont tirés du Répertoire des rues d’Outremont et leurs histoires par Ludger Beauregard, une publication de la Société d’histoire d’Outremont (2015, 280 pages, reliure spirale). Il est possible de se procurer ce titre au montant de 25 $ en composant le 514 271-0959. histoireoutremont.org.

Un curieux odonyme
D’où vient le curieux odonyme de l’avenue Davaar ? Il a fallu attendre longtemps avant d’en avoir une idée. Les procès-verbaux des assemblées du conseil municipal en changent d’abord la graphie passant de Devar en 1908, à Devaar en 1910 et, finalement, à Davaar en 1911. Auparavant, le cartographe, A.R. Pinsonneault, avait écrit Davard en 1907. Autant d’écritures révèlent l’ésotérime du nom dans le temps. Personne ne semblait en savoir l’origine, il y a encore une dizaine d’année, avant que j’entreprenne la rédaction du Répertoire des odonymes de la Ville d’Outremont, paru en 1997. Une piste s’est alors présentée à la suite d’une conférence au cours de laquelle j’avais souligné le problème. Un auditeur m’appelle quelque temps après pour me dire qu’il avait trouvé que Davaar était le nom que portait une petite île au large de l’Écosse. De fil en aiguille, j’en arrive à l’hypothèse que c’était probablement le docteur Duncan McEachran qui, après une visite aux pays de ses aïeux, une fois à la retraite, avait suggéré au lotisseur de sa propriété de donner le nom gaélique de cette île à la rue centrale du plan de lotissement. Le vétérinaire McEachran était né en 1861, à Campbeltown au fond d’une baie sur la côte orientale de l’Écosse à l’entrée de laquelle se trouve une petite île dotée d’une grotte touristique qui s’appelle Davaar, nom issu de la déformation de sa première appellation d’origine celtique. Il avait aussi donné le prénom de son épouse, Esther Plaskett, à une rue transversale, devenue Lajoie par la suite.

Le grand oublié
Au lieu de cet odonyme énigmatique sans rapport avec l’histoire locale, on aurait pu, en se donnant la peine de fouiller un peu l’historique du lot 38, trouver le nom d’un ancien propriétaire, qui a connu une existence extraordinaire et qui méritait de passer à la postérité. Il s’agit de Peter Warren Dease (1788-1863), qui a acquis le lot en 1829, y a vécu à partir de 1841 et y est décédé en 1863. Son corps repose au cimetière Mont-Royal. Né à Mackinac sur une île entre les grands lacs Huron et Michigan aux États-Unis, d’une mère iroquoise mariée à un médecin irlandais, il passe son enfance à Montréal, puis, à l’âge de 13 ans, s’engage dans une petite entreprise de traite de fourrures trafiquant au « pays indien », c’est-à-dire dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord. En 1804, il passe à l’emploi de la Compagnie du Nord-Ouest, qui a son siège social à Montréal et, en 1821, il devient agent de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il est alors affecté au district de l’Athabasca, au fort Chipewyan. De 1824 à 1827, il participe à l’expédition de la terre arctique », dirigée par John Franklin. De 1827 à 1830, il est promu agent principal du district du Mackenzie avec quartier général au fort Good Hope, sur le grand fleuve du Nord-Ouest. Au printemps 1831, il prend la direction du district de la Nouvelle-Calédonie et va habiter au fort St.James, au lac Sturat, au cœur des montagnes Rocheuses, à la latitude de Prince-George et de Prince-Rupert. De là, il explore la rivière Finlay et se rend dans les Cassiars plus au nord, où il laisse son nom à une rivière et un lac comme il l’avait fait plus tôt au grand lac de l’Ours, où se trouvent la baie de Daese et la rivière Dease qui s’y jette.

En 1836, il prend le commandement de l’expédition d’exploration de l’Arctique, envoyée par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour compléter les connaissances dejà acquises sur le passage du Nord-Ouest. Il est secondé par Thomas Simpson, chargé de l’arpentage et des recherches scientifiques. Parti de l’embouchure du Mackenzie, le 9 juillet 1837, le groupe se dirige vers l’ouest, sur mer et ensuite sur terre, jusqu’à la pointe de Barrow au 156°W (4 août). L’année suivante, il part du grand lac de l’Ours en remontant la rivière Dease pour atteindre l’embouchure de la rivière Coppermine sur la mer arctique, le 1er juillet 1838, mais les glaces le retiennent là pendant une semaine. Malgré le froid, l’expédition prend la mer vers l’est, double le cap Barrow le 29 juillet, mais doit s’arrêter le 9 août à cause des glaces. Simpson continue à pied et fait le relevé de la côte sur une centaine de milles et baptise l’île Victoria et le cap Pelley. De retour à la Coppermine au début de septembre, l’équipe rentre dans ses quartiers d’hiver au fort Confidence sur le grand lac de l’Ours. L’expédition de 1838 demeurait décevante à cause de la persistance des glaces sur la mer.

Le groupe repart l’été suivant dans la même direction. Le 28 juillet, il découvre le détroit entre l’île du Roi-Guillaume et la terre ferme, mais avant de prendre le chemin du retour n’arrive pas à reconnaître l’existence de la péninsule de Boothia. Il venait cependant de réaliser le plus long voyage jamais encore fait en bateau sur la mer arctique.

Pendant trois étés, Dease et Simpson avaient exploré la côte arctique aux dépens de la Compagnie de la Baie d’Hudson et avaient presque complété le relevé tant attendu du passage du Nord-Ouest. Après ces expéditions, Dease prend congé et se retrouve à la rivière Rouge au Manitoba, le 3 août 1840, où, déjà grand-père, il épouse Élisabeth Chouinard, la métisse qui avait été sa compagne et lui avait donné huit enfants. La famille s’établit, l’année suivante, à la côte Ste-Catherine, Peter Warren jouissant d’une pension que lui avait accordée la reine Victoria pour services rendus. Celui-ci y vécut une retraite confortable d’une vingtaine d’années, sous la gouverne, « de sa vieille métisse et de ses fils, elle tenant les cordons de la bourse, eux jetant l’argent par les fenêtres » (Dictionnaire biograpique du Canada, vol.9, p.216-219.)

Ne pensez-vous pas que l’avenue Davaar, un odonyme insignifiant, sans valeur commémorative, devrait être renommée avenue Peter-Warren-Dease en souvenir de cet explorateur nordique, qui a fini ses jours dans le bâtiment qu’occupe la mairie de notre arrondissement ?

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