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Morale à deux vitesses

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Publication : 23 septembre 2020
Par M. Pierre Lacerte

« En 2020, qu’un élu à Montréal se mette aussi facilement et ouvertement en conflit d’intérêts, je trouve ça inexcusable. » C’est en ces termes prétendument indignés que le maire Tomlinson s’est prononcé sur la réprimande que la Commission municipale du Québec (CMQ) a adressée à Jean-Marc Corbeil, le seul conseiller d’opposition à Outremont.

Pour le premier magistrat de l’arrondissement, il est «abracadabrant» qu’un conseiller de district use de son droit de vote dans un dossier alors qu'il est poursuivi aux petites créances par le locataire d’un restaurant de la rue Van Horne. Ce dernier lui reproche d’avoir dit à un ouvrier sur le chantier qu’il fallait au propriétaire de l’immeuble un permis pour entreprendre des travaux dans le restaurant.

Malgré le fait qu’au moment où le conseiller est intervenu, aucun permis n’avait été délivré le restaurateur lui réclame 14 600 $ pour «préjudice subi», alléguant que cela avait entraîné un retard dans l'occupation du local.

Subséquemment, le local a fait l’objet d'une demande d'un plan d'implantation architecturale (PIIA) pour l'installation d'une porte donnant sur la terrasse. Mais comme la porte avait déjà été installée illégalement et que les plans définitifs n'étaient toujours pas disponibles au moment où le conseil a étudié la question, Jean-Marc Corbeil a demandé à repousser le vote au motif d'irrégularités dans le dossier. C’est à ce moment-là que l’on a accusé le conseiller de conflit d'intérêt, ce que le juge Roy de la CMQ s'affaire à reconnaître dans son jugement.

Saisissant cette opportunité, le maire demande à cor et à cri des mesures draconiennes et un châtiment exemplaire contre son opposant politique.

Par contre, quand Valérie Plante est poursuivie pour 175 M$ par des promoteurs qui s’estiment lésés par son projet du Grand parc de l’Ouest, Philipe Tomlinson ne crie pas «Au meurtre!». Il n’a apparemment aucun problème à ce que la mairesse de Montréal vote à quatre reprises dans ce dossier où elle est accusée d’avoir agi «de façon illicite, arbitraire et de manière préjudiciable». Deux poids, deux mesures?

Entendons-nous. Il va de soi qu’en situations réelles de conflit d’intérêts un élu doit se retirer et s’abstenir de voter sur la question litigieuse. Mais, est-ce à dire que pour le neutraliser, il suffit de lui coller n’importe quelle poursuite farfelue sur le dos? À ce compte-là, c’est la démocratie qui s’écroule et l’intimidation qui fait loi! Ce n’est quand même pas pour rien que l’article 12 du Code d’éthique des membres du conseil stipule qu’un conseiller placé «contre sa volonté dans une situation de conflit d’intérêts n’enfreint pas le présent code». C’est bien ce qui semble être arrivé à Jean-Marc Corbeil qui vient d’obtenir de la Cour supérieure que la suspension de 45 jours que lui a imposée la CMQ soit reportée jusqu’à ce qu’un juge détermine si la CMQ a excédé sa compétence ou si la procédure contre Corbeil a été entachée de quelque irrégularité grave.

Par ailleurs, au procès que Corbeil devant la CMQ, le directeur de cabinet de Philipe Tomlinson, Joël Simard-Ménard nous a appris avoir lui-même recommandé au commerçant de poursuivre le conseiller de l’opposition. Si le directeur de cabinet de Tomlinson n’avait pas encouragé le commerçant à se retourner contre Corbeil, ce dernier n’aurait vraisemblablement jamais été entraîné dans une telle histoire.

Dire que juste avant cette saga très coûteuse en deniers publics, notre maire s’était fait taper sur les doigts par le contrôleur général de la Ville de Montréal pour avoir violé se règles. Tomlinson avait indûment délégué à la directrice de l’administration le soin de confier des dizaines de milliers de dollars de fonds d'urgence à des OBNL sur les CA desquels siégeaient des membres de l’exécutif de son parti. Remarquez que le 8 juillet 2020 cela n’a pas empêché Philipe Tomlinson de répéter devant caméra que s’il le fallait, il serait prêt à commettre à nouveau cette illégalité. Bref, lynx envers ses adversaires, notre maire est taupe envers lui-même et les siens!

Pierre Lacerte

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Devoirs d’accommodement

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Publication : 21 septembre 2020
Par M. Pierre Joncas

L’Histoire de l’Occident l’illustre, l’intransigeance de chefs religieux – chrétiens, juifs, musulmans – a souvent entraîné des conflits entre fidèles de religions différentes, entre coreligionnaires de confessions distinctes, et entre sectes d’une même confession. Métamorphosée en fanatisme, l’intransigeance présage et provoque la guerre. Ce rappel réprouve non la religion mais l’intégrisme religieux, condamne non la bienveillance pastorale mais l’appel au combat au nom de l’orthodoxie. Quels que soient leurs mobiles, il arrive à des chefs intransigeants, religieux comme non religieux, d’éveiller, de cultiver et d’exploiter le ressentiment, la haine et la rage de désespérés qui s’en défoulent dans l’agression et la violence.

Peu de personnes adhèrent consciemment, donc librement, à une religion. Pour l’immense majorité, leurs parents l’ont choisie pour eux et, devenus adultes, les enfants la mettent rarement en question. Elle se transmet ainsi de génération en génération. En contester les dogmes, en transgresser les traditions, faire fi de ses rites peut entraîner l’exclusion et, au dire de certaines autorités, une éternité de souffrances infernales plutôt que de félicité céleste après la mort.

Difficile de libérer l’imagination d’un tel amalgame de représentations hallucinantes et intimidantes. Le croyant qui y parvient peut cependant vivre sereinement avec sa foi s’il sait distinguer son croire de son savoir et se plier aux données vérifiées du su quand elles contredisent les visions invérifiables du cru.

La paix est possible entre voisins de religions aux pratiques discordantes si les fidèles des unes et des autres s’abstiennent de conduites provocantes. Est-il aberrant, toutefois, de compter que les nouveaux venus reconnaîtront et respecteront les lois, les règlements, les us et les coutumes de la société qui les accueille, et de compter qu’ils s’y accommoderont? Pourtant, la Cour suprême du Canada (CSC) a décrété que, au contraire, les chartes du Québec et du Canada imposent à la société d’accueil le fardeau d’assouplir ses lois, ses règlements, et jusqu’à son régime de contrats pour accommoder les pratiques religieuses non conformes.

Il importe de s’interroger sur la nature et l’ampleur de cette obligation. Dans un jugement majoritaire à cinq contre quatre, rédigé par le juge Frank Iacobucci dans le litige Amselem c. le Syndicat Northcrest1, la CSC a décrété que « [c]’est le caractère religieux ou spirituel d’un acte qui [en] entraîne la protection, non le fait que son observance soit obligatoire ou perçue comme telle » (mon italique). Selon le même jugement, la protection des chartes s’étend aux pratiques religieuses dictées par toute croyance sincère, fût-elle éphémère. Aussi, selon la CSC, ce serait diminuer la liberté du croyant que d’en exiger, pour démontrer sa sincérité, « la preuve des pratiques établies d’une religion ». Bref, on circonscrit soi-même les limites de sa liberté religieuse, et celle-ci possède une élasticité illimitée. Cette doctrine vaut d’ailleurs pour les membres de la société d’accueil comme pour les nouveaux venus.

Vu qu’à elle seule la sincérité du croyant exige des accommodements, pourquoi des particuliers comme des sectes de toutes confessions ne pourraient-ils pas en exiger pour des pratiques prétendument sincères, mais malsaines? Fondé sur une conception de la religion définie subjectivement et extensible à l’infini, ce jugement de la CSC, tel que formulé, ne prévoit aucun garde-fou : au nom de fantaisies que l’on n’a pas encore imaginées, il permet de circonvenir aux lois, aux règlements, aux contrats et risque ainsi de provoquer de sérieux troubles et de graves désordres.

La liberté de religion, me semble-t-il, ne saurait être absolue : elle a des limites qu’il importe de circonscrire avec discernement.

Cependant, vu les contraintes de la doctrine sous-jacente à ce jugement de la CSC, la solution au problème des rapports à Outremont entre la minorité hassidique et la majorité exigera de l’adresse et du tact, et de la patience, à tout le moins jusqu’à sa modification éventuelle par une jurisprudence mieux éclairée ou l’invocation, éventuelle elle aussi, par l’Assemblée nationale de la disposition dérogatoire (« clause nonobstant ») de la charte canadienne.

Le Conseil de notre arrondissement réglemente le bâtiment, le zonage, etc. Il arrive que ses ordonnances soulèvent des protestations et provoquent des contestations judiciaires, surtout de la part de hassidim. C’est pourtant son devoir que de promulguer des règlements à la lumière de considérations esthétiques, entre autres, pour pérenniser l’élégance de l’espace public et du parc immobilier, notamment du parc résidentiel; c’est le devoir du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) que de formuler des recommandations pour la protéger et la perpétuer.

Les chefs de la communauté hassidique et leurs procureurs ont récemment invoqué je ne sais quel argument – la doctrine de l’obligation d’accommodement religieux peut-être? – pour faire capituler, le 2 mars dernier, l’administration Tomlinson à leur demande de permis pour l’aménagement d’une synagogue en plein secteur de restauration, malgré le résultat pourtant clair du référendum du 20 novembre 2016.

La concorde à Outremont dépendra non seulement de l’issue de ce projet mais, à plus longue échéance, de la disposition des chefs de la communauté hassidique à encourager leurs coreligionnaires à s’accommoder raisonnablement à des lois, des règlements, des us et des coutumes depuis longtemps enracinés chez la majorité auprès de laquelle, à partir de la fin de la Seconde Grande Guerre, ils ont choisi de continuer leur vie.

Outremont est une société multiconfessionnelle de chrétiens, de hassidim, de quelques personnes de traditions autres et de nombreux laïcs ne professant aucune religion. Consentir, comme certains le revendiquent, à l’aménagement de l’espace public et à la réglementation des comportements selon les exigences des chefs d’une religion, fût-elle même majoritaire, instituerait un régime théocratique pour les membres de cette religion à côté d’un régime laïque pour tous les autres, multipliant et aggravant de la sorte les occasions de conflit. Dans le jugement portant sur la cause Amselem c. le Syndicat Northcrest, la CSC a dissocié la liberté de religion de la responsabilité envers autrui; de plus, vu le contexte, elle a ouvert toute grande la porte à l’impérialisme religieux colonisateur et à l’obscurantisme.

La foi religieuse ne repose pas sur des faits avérés et reconnus universellement. Toute religion est fondée sur une tradition orale ou écrite, ou les deux, à laquelle adhèrent les fidèles persuadés par des témoignages qu’ils estiment dignes de confiance. Les obligations concrètes qu’elle ordonne peuvent différer de celles prescrites par d’autres religions. Si l’on tient à éviter les conflits là où, comme à Outremont, plusieurs religions se côtoient, il faut, pour réglementer la vie en commun, recourir à des considérations objectives que tous peuvent reconnaître, mais surtout à la raison.

Les décisions réglementant les comportements dans notre arrondissement sont prises, après débat, par le Conseil à la majorité des voix. Une saine discussion éclaire un problème pour permettre l’entente sur une solution grâce à un large consensus. Cela exige la volonté, de la part de tous, de comprendre le point de vue des autres. À Outremont, cependant, le devoir, décrété par la CSC, d’accommoder tous azimuts les convictions religieuses a mis entre les mains des chefs de la minorité hassidique un puissant atout qu’ils invoquent à répétition; dans l’avenir, ce pourrait les chefs d’une autre confession. L’administration Tomlinson, elle, y trouve un prétexte commode pour abdiquer sa responsabilité de défendre l’intérêt général, y compris celui des générations à venir.

Impossible d’imposer la bonne foi, la bonne volonté et le savoir-vivre. Si les chefs hassidiques ne se font pas un point d’honneur de les pratiquer et si, comme certains de ses prédécesseurs, notre maire continue de croire pouvoir les y acheminer par la complaisance, Outremont est condamné à endurer, pendant longtemps encore, des conflits tels ceux que nous connaissons depuis plus d’une décennie.

Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009

1. https://scc-csc.lexum.com/scc-csc/scc-csc/fr/item/2161/index.do

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Outremont sur la pente raide

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Publication : 3 septembre 2020
Par M. Nicolas Bugard

Je fais écho aux articles récents sur le délabrement de l’environnement et de la vie civile à Outremont. Je ne reviendrais pas ici sur les problématiques importantes liées aux permis de construire ou application des règles de zonage.

J'aimerais juste prendre l'exemple de la dégradation du district Claude Ryan. Cela fait pour ma part maintenant plus de 2 ans, avec des dizaines d'emails et de photos, que je signale aux autorités en charge la présence continue de poubelles, détritus et dépôts de résidus de construction dans la ruelle Hutchinson/Durocher, entre Bernard et St Viateur.

S'ajoutent à cela le non-respect régulier des règles de stationnement et celles relatives aux horaires des travaux de construction. Au-delà des désagréments quotidiens que cela occasionne - saletés, odeurs, bruits, difficultés d'accès a la cour arrière -, il m'apparait que nous faisons face à un rejet franc de la part de certains habitants des règles de bienséance et de vie en commun, aggravé, encouragé (?), par l'attitude des autorités.

L’inertie totale de la conseillère d'arrondissement est à cet égard problématique. Les règlements sont clairs et doivent être appliqués de manière équitable, sans arrière-pensée électoraliste, préférence communautaire ou autre. Je n'ose croire à un 2 poids 2 mesures à Outremont mais ne demande qu'à être rassuré du contraire par une action forte des services municipaux, dans la durée, pour mettre fin aux incivilités et faire appliquer le droit.

La concorde n'existe plus à Outremont en raison du laxisme voire de la complaisance de la Mairie. L'affrontement est généralisé, que ce soit en séance du conseil ou dans différents écrits. Le vivre à côté a remplacé le vivre ensemble. Je rappellerai à M. le Maire sa déclaration : « La prémisse de base d’une administration responsable est de répondre aux demandes de ses citoyennes et citoyens » (M. Tomlinson, Le Journal d'Outremont, 24 octobre 2019). Puisse-t-il s’en inspirer pour agir. Pour faire le bien. Enfin.



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Outremont autrement

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Publication : 28 août 2020
Par M. Paul Sidani

La pandémie n’a pas seulement frappé tragiquement la population, elle a réveillé des plans ambitieux cachés dans les tiroirs de la Mairie. Pendant les premières semaines de confinement, la quiétude régnait dans les chaumières encore engourdies par l’hiver, mais à la fin du printemps, alors que la vigilance était tombée, le monstre administratif s’est réveillé.

Les Outremontais stupéfaits ont vu surgir comme des bourgeons des pancartes jaunes, des poteaux verts, des cônes orange, des blocs de ciment, des affiches proclamant quantité de rues barrées. L’état de siège était-il déclaré? Des tranchées ont été creusées, des camions ont hurlé et des marteaux-piqueurs ont bombardé.

En quelques jours notre arrondissement bienveillant s’est métamorphosé : notre quartier devait-il accueillir le Tour de France ou le Giro d’Italie? Les vélos chargent! Conquérants, arrogants, ils bousculent les rares piétons qui s’étaient aventurés sur les trottoirs ou dans les rues nouvellement piétonnières. Désormais, il n’y en a plus que pour la mobilité active : que vous ayez 30 ans ou 80 ans, qu’il pleuve, vente ou neige, il vous faudra faire vos emplettes à vélo, à trottinette ou au pas de course!

Les places de stationnement — désormais inutiles — ont été confisquées. Les aides-soignants ne peuvent se rendre au chevet de leurs patients, les commerçants ne reçoivent plus leurs livraisons. Pour se déplacer, il est impossible de se fier aux G.P.S déroutés par les fermetures de rues intempestives; il faut désormais s’orienter grâce aux clochers d’églises d’Outremont ou à la position du Soleil.

Les piétons téméraires, qui se hasardent par nécessité à sortir de chez eux, sont masqués en raison de l’épidémie, mais aussi pour ne pas être reconnus et afin de cacher leur désarroi. De dos-d’âne en dos-d’âne, les automobilistes jouent à saute-mouton et jettent un regard ahuri aux panneaux de signalisation indiquant 30 km, vitesse qu’ils ne pourront jamais atteindre!

Vivement l’hiver, pensent-ils. Les brèches seront peut-être colmatées, mais dans les rues rendues enfin à la circulation (espérons-le), que deviendront les plantes tropicales et le mobilier de rue d’un design douteux? La question se pose : les électeurs ont-ils signé un chèque en blanc pour cet extravagant remodelage de nos artères sans avoir donné leur consentement éclairé?

Paul Sidani m. d.
Chemin de la Côte-Sainte-Catherine



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Voie piétonne de la rue Bernard: un échec lamentable

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Publication : 27 août 2020
Par M. Guy Patenaude

Depuis le début de l’été, l’arrondissement a aménagé une voie piétonne sur trois sections de la rue Bernard. Si l’idée est intéressante, le résultat, lui, est pour le moins mitigé.

D’abord par le côté esthétique de l’aménagement. Ces immenses blocs de béton sont d’une laideur désolante, et ce n’est surtout pas en les peignant de couleurs criardes qu’on en améliore l’apparence. Il aurait pourtant été si simple d’installer des bacs à fleurs comme on a fait dans d’autres arrondissements !

Puis par une signalisation particulièrement déficiente et confuse. Au tout début, la signalisation indiquant que les cyclistes doivent marcher à côté de leur vélo sur ces trois bouts de rue était minuscule et plusieurs cyclistes ne la voyaient tout simplement pas. Suite à des plaintes d’un grand nombre de citoyens, le maire Tomlinson a affirmé que des correctifs seraient apportés pour empêcher que les cyclistes ne roulent (souvent à grande vitesse) sur cette voie piétonne et compromettent la sécurité des gens qui y déambulent. On a alors simplement posé des affiches plus grandes que les cyclistes ne peuvent pas rater, mais l’immense majorité des cyclistes les ignorent et continuent de rouler dans la voie piétonne. Cyclistes qui roulez entre les piétons et qui croyez ne pas représenter un danger parce que vous circulez lentement, vous faites erreur! D’une part parce que, en ne respectant pas la réglementation, vous incitez d’autres cyclistes à faire de même et un grand nombre d’entre eux roulent alors à grande vitesse. D’autre part, beaucoup de personnes se sentent menacées par le va-et-vient incessant des cyclistes.

C’est le cas d’un grand nombre de personnes d’un certain âge, mais aussi de parents de jeunes enfants qui veulent légitimement profiter de cet espace pour venir relaxer en famille. Après l’installation d’une signalisation plus visible, l’arrondissement n’a rien fait pour corriger la situation. Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de discuter avec un policier superviseur du poste 26 dont dépend l’arrondissement d’Outremont. Celui-ci m’a confirmé que jamais l’arrondissement n’avait demandé que les policiers patrouillent régulièrement la voie piétonne et interpellent les récalcitrants en donnant s’il y a lieu des contraventions. À ceux qui m’accusent de faire la chasse aux cyclistes, je réponds que, étant moi-même cycliste occasionnel, je suis fort heureux que l’arrondissement ait aménagé toutes ces pistes cyclables. Tant mieux si vous avez obtenu ce que vous réclamiez. Les piétons, eux, réclament maintenant trois bouts de rue (trois !) dans tout l’arrondissement et vous nous le refusez ? Alors que je lui parlais de la problématique des vélos sur la rue Bernard, la conseillère de mon district, Mme Valérie Patreau, m’a pourtant affirmé au téléphone que les piétons constituaient une priorité du conseil d’arrondissement. Je dois plutôt en conclure, à l’instar de nombreux citoyens, que Projet Montréal n’en a que pour les cyclistes.

Enfin, il me semble inacceptable que l’arrondissement ne tienne aucun compte de la qualité de vie des résidents de la rue Bernard qui habitent à proximité et n’intervienne pas pour interdire cette musique infernale et distorsionnée diffusée par des haut-parleurs jusque tard en soirée. Je sais qu’ils sont nombreux à souffrir de cette situation. Ces résidents sont pourtant des citoyens à part entière, mais aussi sont parmi ceux et celles qui, toute l’année durant, font vivre ces commerces.

Guy Patenaude
Boul. Dollard, Outremont



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Retour sur l’affaire du 34 Maplewood

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Publication : 25 août 2020
Par M. Pierre Joncas

Dans des lettres d’opinion du 23 janvier1 et du 18 février2, je m’étais indigné des propos du maire Philipe Tomlinson expliquant son refus d’intervenir pour redresser les dommages causés à une propriété mitoyenne par d’importants travaux enfreignant les règlements au 34, Maplewood. Je l’ignorais à l’époque, mais j’ai appris depuis que les infractions commises avaient entraîné des impacts négatifs pour les propriétés de part et d’autre du 34 et provoqué des plaintes des deux auprès de l’ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard.

Dans son rapport pour l’année 2018, Me Savard reconnut le bien-fondé des plaintes des voisines. Elle formula plusieurs recommandations pour corriger cette injustice. À l’assemblée publique du Conseil d’arrondissement du 2 décembre 2019, le maire Tomlinson imputa le problème à l’incurie d’une administration qui, à la lecture du rapport, semble avoir été essentiellement la sienne. En qualifiant hautainement de « frustration » le mécontentement des voisins, il commenta : « Nous faisons fi de quelques commentaires de l’ombudsman. On a consacré beaucoup de temps, beaucoup d’argent et nous choisissons de mettre enfin un terme à ce dossier; on arrête de dépenser… On va faire quelque chose la prochaine fois3 ». Il ne précisa ni les heures, ni les dollars. Quant aux quelques commentaires, c’étaient non des commentaires mais des recommandations, et ce n’en étaient pas quelques unes mais la majorité, dont les plus importantes pour les voisins.

À l’époque, tout en réprouvant la capitulation du maire, et naïvement peut-être, j’avais attribué sa désinvolture à l’usure et la perspective de dépenses supplémentaires pour l’arrondissement. De nouveaux renseignements me portent à me demander si, au contraire, M. Tomlinson n’avait pas un mobile encore plus inquiétant.

Récemment, des citoyens ont affirmé par écrit – autrement, je n’en aurais rien su – que, lors de la campagne électorale municipale d’octobre 2017, le propriétaire du 34, Maplewood, était aussi celui du 1465, Van Horne, local du quartier général à Outremont de l’équipe de Projet Montréal dirigée par Philipe Tomlinson. Quiconque en doute peut vérifier au site du rôle d’évaluation de Montréal pour le 34, Maplewood, et à celui du registraire des entreprises pour le 9284-4695 Québec Inc., dont voici les liens :
https://servicesenligne2.ville.montreal.qc.ca/sel/evalweb/index
https://www.registreentreprises.gouv.qc.ca/RQAnonymeGR/GR/GR03/GR03A2_19A_PIU_RechEnt_PC/PageRechSimple.aspx?T1.CodeService=S00436&Clng=F&WT.co_f=27163f97231c6a619091597674108843

En réponse à des questions aux assemblées publiques du Conseil, le maire Tomlinson s’est toujours gardé de dévoiler ce lien de locataire à locateur entre lui-même et son parti, d’une part, et le propriétaire du 34, Maplewood, d’autre part. C’est pourtant à son initiative que, le 2 décembre 2019, le Conseil d’arrondissement adopta une ordonnance pour régulariser des travaux effectués en infraction aux règlements.

Le maire Tomlinson consentira-t-il à reconnaître et à expliquer ces faits troublants que, jusqu’à présent, il a soigneusement dissimulés?

Pour conclure, je rappelle cet aphorisme de Montesquieu : « Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ». Si, comme je le crois, Montesquieu avait raison, et si à Outremont l’opinion publique ne se mobilise pas clairement et fermement pour exiger le redressement de l’injustice infligée aux voisins du 34, Maplewood, l’incompétence ou l’arbitraire répréhensibles éventuels d’un maire à venir exposeront de nouveau les citoyens, sans exception et en perpétuité, à des abus comparables.

Pierre Joncas

1. Une ordonnance injuste du Conseil, http://journaloutremont.com/nouvelles/opinions/une-ordonnance-injuste-du-conseil-2
2. Les recommandations de l’ombudsman, http://journaloutremont.com/nouvelles/opinions/les-recommandations-de-l-ombudsman-2
3. Voir « LUNDI FOU » AU CONSEIL par Michel Joanny-Furtin, publié le 5 décembre 2019 dans Le Journal d’Outremont, et visionner l’enregistrement de la séance du Conseil du 2 décembre à partir de 1h44’28”, et surtout de 1h51’.


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Le tiers monde à Outremont !

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Publication : 21 août 2020
Par Mme Elizabeth Little

Il y a déjà trois semaines, nous avons reçu une communication de l’arrondissement d’Outremont en trois langues : français, anglais et hébreux intitulée : ‘Halte aux dépôts illégaux!’. Cette notice affirmait que ‘L’arrondissement combat la malpropreté dans votre quartier’, que des ‘Sanctions’ seraient émises, que ‘Votre contribution est importante’ et nous indiquait quoi faire si nous étions témoins de dépôts illégaux.

Mon conjoint et moi nous sommes réjouis de cette annonce : la ruelle derrière notre domicile est remplie de vieilles poubelles (j’en ai compté 14 entre mon garage et le coin de la rue) parfois défoncées, de bacs à compostage et à recyclage en mauvais état, souvent ouverts, avec (dedans et surtout dehors) des ordures de toutes sortes (eh oui, y compris des couches pleines de m….), survolés par de nombreux insectes et oiseaux et certainement visités par divers rongeurs la nuit. Quand le camion de vidanges passe, il vide les poubelles mais ne ramasse pas les ordures éparpillées par terre.

Depuis, les démarches de mon conjoint se multiplient : appels aux travaux publics d’Outremont (3 fois, et obtention d’un numéro de dossier : le # 2074723), courriels avec photos à la sécurité publique (1 fois), courriels avec photos à la direction de l’arrondissement (2 fois). Chaque appel téléphonique requiert 30 à 40 minutes d’attente avant de parler à quelqu’un. Aucun accusé de réception ni de réponse à aucun courriel n’a été obtenu.

Une personne à la réception des travaux publics nous a affirmé que le nécessaire avait été fait : en effet, des affiches en papier avaient été collées sur les poubelles indiquant qu’il était interdit de laisser les poubelles en permanence dans la ruelle. Vous pensez bien que ces petites affiches sont venues s’ajouter aux ordures qui, elles, ne sont jamais disparues. Pourquoi ne pas ramasser tout simplement les poubelles après le jour de la collecte? Les fautifs seraient obligés d’en racheter et ils corrigeraient peut-être leur comportement. On pourrait aussi exiger que chaque bac soit identifié par une adresse, ce qui permettrait de donner des amendes à qui de droit.

Nos démarches ont commencé le 17 juillet, nous sommes maintenant le 20 août… Notre coin de ruelle pourrait être celui d’un pays du tiers monde.

J’ai donc rappelé le 311 ce matin et j’ai parlé à un monsieur très gentil, compatissant et réceptif. Il m’a promis de faire suivre mes doléances à qui de droit. Encore une fois... Mais moi, de mon côté je me mets à rêver de sortir toutes ces poubelles au milieu de la rue St-Viateur! Que faut-il faire à Outremont pour que la plus élémentaire propreté soit imposée à tous?

Suivi de la lettre de Elizabeth Little sur le grave problème d'insalubrité à Outremont

Une lettre d’opinion de M. Normand Roy

Je suis le conjoint de Mme Little. (…). J'ai lu les lettres d'autres résidents exaspérés et désespérés, dont Mme Cinq-Mars, ancienne mairesse de notre arrondissement, de M. Pierre Joncas, et particulièrement de Mme Jacinthe Gauthier, une voisine très proche, qui annonce sa décision de quitter le quartier après 3 années. Je suis attristé de sa décision. Mais je comprends Mme Gauthier. J'habite Outremont depuis 30 ans, un lieu que j'ai aimé et que j'aime encore. Mais tout comme Mme Gauthier, je songe à le quitter parce qu'il devient invivable. Pas à cause des Hassidim mais à cause de la turpitude de nos autorités. Une omerta règne à Outremont. Nos appels téléphoniques et nos courriels, à la mairie, à la conseillère d'arrondissement, à la direction de l'arrondissement, au responsable de la salubrité, au 311, à la sécurité publique, tous ces appels logés depuis plus d'un mois restent sans réponse. Une loi du silence règne dans notre arrondissement, un règne de la peur qui empêche des fonctionnaires et des serviteurs publics dévoués de faire leur travail, d'appliquer les règlements avec équité mais avec détermination. Je songe à un mouvement de résistance pacifique mais inflexible, comme ceux menés actuellement ailleurs sur la planète par des gens qui en ont assez du «boys'club» des nantis, des puissants, des corrompus, des autocrates, des magouilleurs de toute espèce. Ai-je des coreligionnaires? Nous pourrions faire des choses inédites, des choses dérangeantes, des choses qui feraient honte aux sépulcres blanchis, nous pourrions agir, nous pourrions nous amuser! Pourquoi pas?



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À quel prix la concorde?

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Publication : 10 août 2020
Par M. Pierre Joncas

Monsieur le maire,
Si je vous ai compris, dans le film Outremont et les hassidim (à partir de 2 minutes 45 secondes) vous reconnaissiez les conséquences fâcheuses des affrontements entre cette minorité religieuse et la majorité outremontaise composée d’adhérents de confessions autres et de non-croyants. Vos propos y intimaient l’intention de promouvoir la concorde entre les deux. Si je comprends notre milieu, la majorité y souhaite un régime de gouverne laïque, non par hostilité envers les hassidim mais par crainte que l’influence prépondérante de leurs têtes dirigeantes à l’hôtel d’arrondissement n’amoindrisse notre qualité de vie.

L’Outremont d’aujourd’hui est le fruit d’une histoire qui remonte à 1875. Son élégance et son charme particuliers ont pour assise, entre autres, des résidences d’une simplicité raffinée, l’harmonie des éléments du parc immobilier, la propreté des rues, la salubrité longtemps exemplaire des ruelles, etc. Hélas, un laisser-aller maintenant répandu et des dérogations arbitraires fréquentes, inexplicables autrement que par favoritisme clientéliste, l’effacent peu à peu. Ce charme s’alimente aux joies simples comme celle, l’été, de partager un repas entre amis en conversation tranquille à la table d’un excellent restaurant sur une terrasse de l’avenue Bernard, par exemple, comme celle aussi de fréquenter à longueur d’année des commerces de proximité pour s’approvisionner en produits de qualité avec, en prime, le sourire chaleureux d’une caissière.

Les Outremontais de longue date tiennent ardemment à cette élégance et ce charme. Hérités des générations passées, ils les entretiennent avec fierté et plaisir. Ceux arrivés plus récemment y tiennent autant. Pour la plupart, ils sont venus les chercher; ils s’évertuent donc aussi à les entretenir avec fierté et plaisir. Les uns comme les autres les voient disparaître avec tristesse.

L’agencement judicieux de règlements prudemment conçus et délicatement accordés a engendré et longtemps perpétué ces bienfaits; de génération en génération, le savoir-faire de dirigeants éclairés et adroits y a vu. En altérer négligemment l’équilibre ou ne pas adopter les modifications voulues pour le maintenir, au gré des circonstances, a des conséquences. Il faut de la perspicacité pour discerner les changements et du jugement pour en apprécier l’importance; il faut de la hardiesse pour circonscrire les dégâts de transformations préjudiciables.

Ce 8 juillet, suite à une entente à l’amiable (!) conclue sous la menace d’un procès et au mépris du résultat du référendum de novembre 2016, le Conseil d’arrondissement autorisa l’aménagement d’une nouvelle synagogue sur l’avenue Bernard en plein secteur de restauration. Si le projet va de l’avant, l’achalandage du lieu de culte sera considérable, surtout le sabbat des hassidim qui est une période de congé privilégiée par la majorité pour les sorties au restaurant.

Pour évaluer correctement les besoins cultuels des hassidim, n’eût-il pas fallu d’abord avoir en main l’inventaire, commandé le 2 mars, des synagogues dissimulées et au grand jour à Outremont et à sa périphérie? N’eût-il pas fallu identifier d’autres emplacements où, sans susciter d’objections, on eût pu localiser un temple pour servir adéquatement les hassidim? Peut-on sérieusement prétendre que leur religion en exige l’emplacement nulle part ailleurs qu’à l’angle de Bernard et Champagneur?

Le Huffpost du 5 février 2019 rapporte que, selon vous, « depuis plusieurs années, on vit dans un cercle de méfiance qui tombe dans le conflit, ce qui mène parfois à l’illégalité. Il faut ouvrir un dialogue […], trouver des solutions, des terrains d’entente, sur toutes sortes de problèmes qui peuvent survenir quand on parle de bon voisinage ». Si vos propos sont rapportés fidèlement, révélez-nous qui se laisse mener dans l’illégalité. Croyez-vous possible d’engager avec confiance le dialogue avec un vis-à-vis connu pour brandir la menace de procès quand on ne se rend pas à ses exigences? Toute troublante que soit votre reddition aux pressions de Place Bernard Inc., elle l’est moins que la menace à laquelle vous avez capitulé.

Il faut du courage pour se tenir debout. Un citoyen d’Outremont l’a illustré. Accusé faussement, il fut innocenté par les tribunaux pénal et civil. Il a été victime d’une longue intimidation judiciaire qui donne à penser que son adversaire cherchait moins un « accommodement raisonnable » qu’une victoire écrasante et humiliante en bâillonnant son blogue satirique. En passant, auriez-vous accordé l’autorisation d’aménager la nouvelle synagogue sur Bernard en compensation pour l’avortement de la cession projetée d’une parcelle de l’îlot Saint-Viateur, bien public, pour l’aménagement de ce lieu de culte? Je rejette d’avance toute accusation éventuelle d’antisémitisme. Quoiqu’enfant à l’époque de la Shoah, j’avais atteint un niveau de maturité suffisant pour en saisir la monstruosité. L’accusation en est très grave; lancée sans fondements, elle est dévastatrice pour la personne injustement visée.

Au Québec, il importe de tenir compte du contexte historique pour discuter sereinement et rationnellement de l’intervention d’autorités religieuses en matière civile. La domination de la hiérarchie catholique dans des domaines hors de sa compétence a longtemps nui à la qualité de notre vie et retardé notre progrès social et matériel. Il y a toutefois pire : cette domination a entravé ici le développement de l’esprit critique sans lequel la liberté de conscience ne saurait s’épanouir. L’esprit critique doit être cultivé; en éclairant la conscience, il la libère. La liberté de conscience informe toutes les autres libertés et constitue le socle du sens personnel des responsabilités. La vie durant, cet esprit et cette liberté illuminent les choix affectant le bien-être propre de chacun et celui du voisin. Nous vivons en société, non isolés. L’harmonie entre tous exige de chacun le respect du bien-être d’autrui.

Il a fallu la Révolution tranquille pour affranchir les Québécois d’un autoritarisme clérical peut-être bien intentionné, mais à coup sûr malsain. Pour se conformer à la charte qui enchâsse la liberté religieuse, faut-il dorénavant ranger son esprit critique et sa liberté de conscience, et se plier aux exigences d’autorités de confessions autres que la catholique? Parmi ces exigences, souvent contradictoires et absurdes, comment identifier celles auxquelles se soumettre?

Plus il est insistant, plus le zèle religieux tend à dissimuler de la charlatanerie. Depuis des années, les médias ne cessent de révéler les délits funestes de sinistres imposteurs. Les Tartuffes foisonnent dans toutes les confessions, aucune n’y échappe.

La concorde que vous affirmez vouloir promouvoir est naturellement préférable à la discorde que nous vivons depuis trop longtemps. Il semble toutefois que, dans les différends les opposant à la majorité, les têtes dirigeantes des hassidim se considèrent toujours dans le droit. Les revendications qu’ils défendent en invoquant la charte des droits et libertés n’en reposent pas moins en partie sur des dogmes et une tradition dont certains aspects échappent à l’examen rationnel. Leurs « victoires » à l’hôtel d’arrondissement et devant les tribunaux et, plus encore, leur mépris triomphaliste et leurs propos culpabilisants1 , aggravent la discorde.

J’ai pris soin de préciser têtes dirigeantes. Ce n’était peut-être pas l’intention du cinéaste, mais le film Outremont et les hassidim permet d’espérer que, en y mettant la patience et le tact, il sera possible de gagner à la raison de rares hassidim – je me souviens d’une femme et d’un homme en particulier – ouverts à l’amitié et accessibles à la bienveillance. Si les autorités civiques et judiciaires cessaient leur complaisance envers la déraison des chefs, à la longue, de telles exceptions pourraient devenir la norme.

Respectueusement,
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009

1 Pour un exemple récent, voir Submission regarding systemic discrimination against religious minorities in Outremont, signé Diane Shea et autres. < https://ocpm.qc.ca/sites/ocpm.qc.ca/files/pdf/P100/8-76_shea_weiss_posner_lieberman_chiu.pdf >

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Projet de synagogue sur Bernard, lettre ouverte

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Publication : 28 juillet 2020
Par M. Pierre joncas

Monsieur le maire,
Dans les arrondissements comme dans les villes, les élus ont pour tâche de veiller aux besoins locaux et de gérer efficacement le patrimoine et les ressources dont ils sont fiduciaires. Ils doivent n’émettre de directives que conformes aux exigences du bien commun et de la règle de droit, et veiller à leur exécution fidèle par les administrateurs nommés.

Le 2 mars dernier, le Conseil que vous présidez autorisait des dépenses de 30 000 $ pour la mise sur pied d’une table de concertation, des études de diagnostic sur les lieux de culte et un inventaire de ces lieux. Si tant est que cette table existe, elle tarde à se manifester; si tant est que les études soient complètes, leurs résultats restent à dévoiler. Qu’en est-il de l’inventaire? Normalement, il aurait dû être facile à dresser, à moins que certains lieux n’occultent obstinément leurs activités.

Ce 8 juillet, le Conseil siégeait en pleine canicule et, pour certains, en période de vacances au cours desquelles ils purent se réfugier dans un climat plus clément. Lors de cette séance extraordinaire, le Conseil autorisa l’aménagement d’une nouvelle synagogue à l’angle des avenues Bernard et Champagneur sans les lumières de la table de concertation, sans l’éclairage des études de diagnostic et sans inventaire des lieux de culte. Exceptionnellement, il siégeait le matin et, au double prétexte du coronavirus et de l’exiguïté de la salle du Conseil, en téléconférence sans public bien qu’il eût pu se réunir le soir au CCI où des citoyens troublés par le projet auraient pu vous interroger et engager une discussion avec vous.

La synagogue pourra donc maintenant être aménagée en un endroit où sa présence est énergiquement contestée. Dans votre défense du projet modifié, et tout en sachant bien que l’opposition était d’une autre nature, vous avez fait valoir qu’il a été bonifié par l’ajout de trois commerces absents de la version initiale. Je me souviens pourtant que, naguère, dans la réalité il y en avait déjà trois!

Lors de la séance extraordinaire de ce 8 juillet, trois citoyens vous ont demandé par courriel de justifier votre démarche à l’encontre des résultats du référendum de novembre 2016. En mots différents, vos réponses furent que le projet de synagogue avait été approuvé, ou était « en cours d’approbation », par l’ancienne administration. « Ce projet-là était déjà approuvé aux yeux de [l’ancienne] administration »; « le référendum portait sur tous les nouveaux lieux de culte [et] il n’y a pas eu de nouveaux lieux de culte depuis », et, pour conclure, « Ce projet-là était en litige, litige que nous avons réglé ».

Le litige entre le promoteur et l’arrondissement fut, en effet, réglé « à l’amiable ». Il reste toutefois deux litiges portés devant les tribunaux par des citoyens qui contestent, à leurs frais, la légitimité du processus. Le mépris vous porterait-il à juger ces contestations sans importance? La témérité vous inciterait-elle à en estimer l’issue décidée d’avance? Cherchez-vous, quoi qu’il arrive, à mettre l’arrondissement devant un fait accompli? Avez-vous réfléchi aux conséquences pour nos comptes de taxes d’un jugement éventuel en faveur des contestataires et d’un recours subséquent par le promoteur contre l’arrondissement?

Le 8 juillet dernier, vous avez affirmé à répétition que l’aménagement de la synagogue avait été approuvé avant le référendum. Si votre affirmation est fondée, vous devez être en mesure de produire un document pour en attester. Le ferez-vous? Vous avez affirmé, toujours à répétition, que votre point de vue est aussi celui de l’ancienne administration, ajoutant que, selon celle-ci, ce projet n’était pas inclus dans le cadre du projet référendaire. Vous devez donc aussi être en mesure de le documenter. Le ferez-vous? J’ai consulté des conseillères en fonction à l’époque : comme moi, aucune ne partage votre avis.

Un rappel. Le 25 mai 2015, l’administration Cinq-Mars délivra au promoteur un permis pour l’aménagement d’un bain rituel et d’une salle polyvalente dans l’immeuble sur Bernard à l’angle de Champagneur : la légitimité de ce permis n’est pas contestée. Le 2 novembre 2015 fut déposé un avis de motion pour déclencher un processus de modification de zonage qui empêcherait l’implantation de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, entre autres endroits. Le soir du 4 avril 2016, cet avis fut retiré et remplacé immédiatement par un nouvel avis aux fins identiques, certains détails ayant toutefois été corrigés pour des raisons d’ordre purement technique, mais sans modification de la disposition portant sur Bernard. Plus tôt dans la journée avait été déposée la demande de permis aujourd’hui en litige.

Ce 8 juillet, dans votre exposé en début de séance, vous annonciez l’assurance du promoteur qu’il n’y aurait pas de travaux sur la section piétonnisée de l’avenue Bernard pendant la belle saison. Mais ensuite? La présence d’équipements lourds nuirait-elle moins aux commerces à l’automne, l’hiver, etc.?

Dans un vidéoclip diffusé lors de votre campagne électorale pour la mairie, https://www.facebook.com/noussommesoutremont/videos/354075811698749/UzpfSTY2MDEwMDIzMjpWSzo3Mjc3NzY5OTgwMTU2NzM/, vous demandiez « Sommes-nous prêts à remettre les décisions sur d’Outremont entre les mains de la ville centre? ». Vous avez répondu : « Pas moi ». Pourtant, lors de la séance du 8 juillet, vous affirmiez : « Nous considérons – nous-mêmes, les services d’aménagement, le contentieux de la Ville de Montréal – […] que le référendum n’incluait pas ce projet-là ». Faites-vous désormais confiance à la ville centre pour conseiller Outremont et pour en défendre les intérêts? Comment justifiez-vous cette répudiation de votre engagement électoral catégorique?

Avant le 8 juillet, l’administration avait reconnu une erreur dans le processus d’adoption des mesures pour subvenir aux besoins d’organismes d’entraide. Le Conseiller Jean-Marc Corbeil a critiqué votre lenteur à réagir à une irrégularité signalée trois mois plus tôt. Vous lui avez répliqué : « Si c’est illégal d’aider des gens dans le besoin, je le ferais demain matin, sans problème ». Si vous sembliez insouciant de l’illégalité du processus, vous le sembliez tout autant de l’illégalité éventuelle de la nature de votre démarche.

Ainsi, selon votre jugement, si une initiative, illégale ou hors de votre champ de compétence, est louable, vous seriez justifié de la prendre. Vous serait-il arrivé d’aborder avec ce parti pris la demande de permis d’aménagement de synagogue? Conjuguée à l’écoute de vos propos dans le film documentaire d’Eric Scott, Outremont et les Hassidim (TOU.TV), la lecture du rapport, commandé par l’arrondissement au cabinet d’urbanistes Brodeur Frenette, Étude d’implantation d’usages institutionnels et communautaires sur le site de l’îlot Saint-Viateur, incite à conclure que, sous votre direction, l’administration ferait tout, et n’importe quoi, pour permettre l’établissement en plein cœur d’Outremont d’une synagogue pour la communauté hassidique. L’aliénation, évoquée dans ce rapport, d’une parcelle de notre territoire à une fin – synagogue – autre que publique ayant soulevé une vigoureuse levée de boucliers, il n’est pas invraisemblable que, en désespoir de cause, vous vous évertuiez maintenant à imposer une interprétation de la portée du référendum de 2016 sans rapport avec les faits.

Si, au dénouement de cette triste saga, vos ruses réussissaient à favoriser des intérêts particuliers au détriment du bien commun, vous pourriez en regretter l’impact néfaste. À Outremont le patrimoine bâti, l’héritage culturel, la qualité de vie et surtout la concorde, que pourtant vous avez ardemment affirmé vouloir promouvoir, en souffriront. Y avez-vous sérieusement réfléchi? Y avez-vous même songé?

Respectueusement,
Pierre Joncas
Auteur des Accommodements raisonnables entre Hérouxville et Outremont, Les PUL (Presses de l’Université Laval), Québec, 2009



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Laisser-aller

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Publication : 27 juillet 2020
Par Mme Marie Cinq-Mars

NDLR Mme Cinq-Mars a été mairesse d’Outremont de 2007 à 2017. Sa lettre s’adresse à Valérie Patreau, conseillère municipale du district Joseph-Beaubien.

laisser aller2
laisser aller3

Bonjour Mme Patreau,

J’ai remarqué qu’il ne semble plus avoir de gardien de parc au parc Outremont. Est-ce que je me trompe? Il y en a toujours eu un. Même si celui-ci, dans les dernières années, pouvait partager son travail entre deux parcs; c’est à dire Saint-Viateur et Outremont. Le ou la gardienne avait comme tâche d’assurer une surveillance constante des activités qui s’y déroulaient, de la propreté et de la qualité des infrastructures en général. Entre autres, il nettoyait les étangs, ramassait les débris et veillait à ce que les règlements soient respectés. En cas d’urgence, il faisait appel à la sécurité publique.

Maintenant, le parc semble laissé à lui seul. Débris sur le sol et dans l’étang, poubelles qui débordent très fréquemment, chiens se promenant sans laisse, personnes circulant à vélo sur les sentiers, bancs dans un mauvais état, graffitis sur le chalet dont la porte côté sud est barricadée d’un contreplaqué. Une dégradation ambiante inouïe.

D’autant plus qu’en cette période de pandémie, un gardien pourrait régulièrement désinfecter les modules de jeux, les chaînes de balançoire à l’endroit où les enfants y apposent leurs mains et les loquets des portes de clôture qui sont touchés par des dizaines d’adultes par jour et ce, toujours sans désinfection. Ne serait-il pas opportun d’installer des bouteilles de désinfectant à des endroits stratégiques et qu’elles soient contrôlées par un gardien?

Qu’en pensez-vous?

Cordialement,
Marie Cinq-Mars



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