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J'ai écrit cette lettre qui vise à remercier du fond du coeur nos auxiliaires à domiciles qui prennent soin de nos aînés dans le quartier et dont le travail manque parfois, à mon avis, de reconnaissance.
PHOTO ARCHIVES LE JOURNAL D’OUTREMONT Chacune de leur journée est différente, dépendant de ce qu’ils appellent « la route ». Pas celle qui s’engorge, chaque matin, d’automobilistes pressés et qui est particulièrement dangereuse et crevassée ces jours-ci.
Non, une route complètement différente. Une route fragile, émouvante, souvent teintée de solitude, de vieillesse et de maladie. La route humaine qu’empruntent quotidiennement, souvent à pied, beau temps mauvais temps, nos auxiliaires à domicile qui parcourent avec bienveillance, patience et résilience notre quartier.
Mon mari est auxiliaire à domicile. Il pratique la profession depuis maintenant 5 ans. Une profession qu’il exerce par choix. Et il adore son métier. Tous les matins, vers 7h, il part suivre sa route, pour soigner, préparer à manger et donner un coup de main dans les tâches quotidiennes à ses patients qui l’attendent, souvent, avec grande impatience. Il les visite, pour plusieurs d’entre eux, à chaque semaine. Il entre dans leur intimité, prend de leurs nouvelles et entre deux soins, jase de l'actualité politique, du dernier match de hockey, d'un épisode de leur téléroman fétiche, de la pluie, du beau temps. Il sera parfois (souvent) la seule visite de leur semaine. Le seul contact humain, « de l’extérieur ».
On associe souvent les auxiliaires avec les tâches difficiles et plutôt ingrates du travail. Les soins d’hygiène, les curetages, le fameux « changement de couches » comme bien des gens utilisent l’expression sans camoufler un petit dédain dans la voix.
On en oublie le magnifique côté humain.
La relation de confiance qui se crée au fil des visites entre l’auxiliaire et les patients, qui laissent entrer un étranger dans leur domicile en exposant toute leur vulnérabilité, physique comme psychologique.
Le travail des auxiliaires demeure souvent dans l’ombre, et en particulier le côté psychosocial de la profession. Ils n’ont pas de bureau fixe, se promènent d’adresses en adresses, donnant des soins souvent complexes dans des conditions loin d’être rose bonbon et se contentent d’une reconnaissance, qui dans notre système de santé boiteux, laisse grandement à désirer.
La population vieillit et sera de plus en plus dans le besoin. Nos auxiliaires auront, plus que jamais, du pain sur la planche. Leurs routes se multiplieront, s’intensifieront.
MERCI à nos auxiliaires. Merci pour votre travail, pour votre humanisme, votre patience.
Valérie Trudel
Citoyenne d'Outremont
Rédactrice et auteure
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