Domestiquer les touches du piano pour en faire fleurir des mélodies, s'initier au jazz ou au rock avec un band, éveiller sa progéniture aux plaisirs de la musique, apprendre à gratter la guitare à 12 ou à 45 ans, cela fait partie du palmarès des cours du Centre d'études musicales Pantonal qui cultive l'apprentissage de la musique à Outremont depuis 26 ans. « Les méthodes d'enseignement sont traditionnelles, mais l'approche est plus relaxe, moins contraignante que dans les écoles axées sur la performance » , commente avec enthousiasme Mario Tremblay, directeur de Pantonal. Faire de la musique avec sérieux et discipline, mais dans le plaisir, c'est l'approche que privilégie l'école depuis ses débuts.
Un classe de Pantonal à l’époque où les locaux étaient situés dans Centre des Arts et loisirs sur la rue de l’Épée. Photo Archives Pantonal. Une longue histoire
Il faut dire que le concept ne date pas d'hier. À l'origine, l'Institut Pantonal créé en 1970 par le visionnaire Michel Perrault, musicien, compositeur, chercheur et pédagogue, fut parmi les pionniers de l'étude des principes à la base de la musique, peu importe le genre. En 1991, deux entités indépendantes en émergeaient, l'Institut de Recherche Pantonal et le Centre d'études musicales Pantonal, sous la gouverne de Gisèle Lecourt, consacré exclusivement à la formation. En 2017, 400 élèves, des enfants en majorité, et 25 professeurs expérimentés, en fréquentent les cours, au Centre communautaire intergénérationnel et à l'École Buissonnière à Outremont, mais aussi au Centre des loisirs de Saint-Laurent. L'apprentissage d'une douzaine de disciplines y est offert, incluant un nouveau cours de piano enrichi.
Au rythme de chacun
« Ce qui nous caractérise, c'est l'aspect personnalisé de nos cours, selon les goûts et l'expérience de chacun » , poursuit le directeur de Pantonal. « On construit avec l'élève. Le professeur donne une méthode et des objectifs, mais le cheminement pourra être différent d'une personne à l'autre. Certains élèves plus avancés arrivent même avec leur propre matériel ». Il faut dire aussi que chaque élève a sa propre motivation, parfois celle des parents, pour les tout-petits, avec laquelle l'école adapte ses cours d'éveil à la culture musicale. D'autre part, « les ados cherchent souvent à reproduire des musiques qu'ils connaissent, alors que plusieurs personnes âgées viennent réaliser un rêve de retraite, jouer du piano ou chanter. Ce sont des réalités dont nous tenons compte », poursuit M. Tremblay.
Le fondateur de l’école Pantonal, M. Michel Perrault. PHOTO Site www.michelperrault.com.L'art du temps
Intéressant de constater que chez Pantonal l'apprentissage de la musique évite le piège de l'action-production chère à notre époque. « Ici, les cours ne sont pas axés sur un résultat immédiat, d'ajouter M. Tremblay. Bien sûr, il y a des progrès et nous avons un concert de fin d'année pour en témoigner. Les vrais résultats sont à plus long terme. On travaille la musique avec le rythme mais aussi avec le temps. Il faut bien s'y mettre, pratiquer et être patient. C'est un réel défi, de nos jours », observe-t-il.
Qu'est-ce que ça donne?
Doit-on être sûr qu'un enfant présente des prédispositions pour la musique avant de l'inscrire à un cours de piano ou de guitare ? Et si l'élève abandonne ses cours après deux ou trois ans, est-ce du temps perdu ? Mario Tremblay est d'un optimisme contagieux. « Faire de la musique pour les jeunes, c'est un pas dans la quête d'identité, c'est une façon de s'exprimer, parfois même un facteur d'inclusion dans un groupe. Aussi, la musique c'est comme une langue, quand on s'y remet après des années, on ne part pas de rien, il y a un acquis qui reste. Et quand on a pris des cours, on écoute la musique d'une autre oreille », conclut M. Tremblay. Une chose est sûre, c'est un apprentissage exceptionnel de discipline, un acquis personnel d'une utilité indéniable avec lequel Pantonal transmet le plaisir de faire de la musique depuis plus d'un quart de siècle.
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