Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne/
Anne-Marie la Beauté de Yasmina Reza (Flammarion, 2020), 88 pages.
Si je vous dis Art (1994) et Le Dieu du carnage (2006), à qui associez-vous ces titres ? Vous avez raison, à Yasmina Reza. Les deux pièces de théâtre ont fait la renommée de cette écrivaine française née à Paris en 1959. Elles ont été jouées par les plus grands, ici comme ailleurs.
Yasmina Reza vient de publier chez Flammarion, Anne-Marie la Beauté (2020) et déjà la pièce est au programme du Théâtre de la Colline à Paris, le mois prochain. Chanceux ! À quand notre tour ?
De qui est-il question dans ce huis clos ? De deux femmes qui ont été comédiennes, Giselle Fayolle et Anne-Marie Mille. Elles ont joué ensemble, elles se sont perdues de vue, elles se sont retrouvées. La première vient de mourir, la seconde doit faire son éloge. Elle s’adresse à une journaliste à qui elle donne du « madame » puis du « mademoiselle » et finalement « du monsieur ». Mais à qui s’adresse-t-elle vraiment ? Ne serait-ce tout simplement pas aux (futurs) spectateurs ?
À l’âge de 19 ans, Anne-Marie Mille, native de Saint-Sourd-en-Ger, était venue à Paris passer une audition. C’est à ce moment-là qu’elle avait rencontré Giselle, dite Gigi, de deux ans son aînée. À l’époque du Théâtre de Clichy, Anne-Marie prétendait être sa seule amie. Elle habitait une chambre rue des Rondeaux dans le 20e arrondissement, tandis que Giselle avait un logement rue Émile-Augier. Une rumeur circulait que Giselle avait comme amant Alain Delon et possiblement Ingmar Bergman.
Comme la pièce de théâtre ne comporte que 88 pages, je vous laisse le soin de découvrir le destin de ces deux femmes devenues mère de famille et dont la carrière de l’une a connu un plus grand succès que celle de l’autre.
Le style de Yasmina Reza est tour à tour drôle et mordant, son texte est lucide et impitoyable par moments. Il nous fait, entre autres, réfléchir sur le sort réservé aux comédiennes vieillissantes. Ne tombent-elles pas dans l’oubli un peu trop rapidement ?
Pour ce qui est du titre Anne-Marie la Beauté, vous verrez à quoi il se réfère si vous la lisez.
En terminant, une petite précision : même si ce monologue est une pièce de théâtre, il se lit comme un roman !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SReza%2C%20Yasmina.%20Anne-Marie%20la%20Beaut%C3%A9__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
Vous voulez en savoir plus sur d’autres titres ?
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