Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
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Dix-sept ans d’Éric Fottorino (Gallimard, 2018), 263 pages.
D’après les dires d’Éric Fottorino, Dix-sept ans doit être lu comme un roman et non comme une autobiographie, car son contenu n’est vrai qu’à 20 %. Nous voilà avertis. Plusieurs personnages sont inventés, des prénoms et noms de famille trafiqués, mais qu’à cela ne tienne, ces détails ne rendent pas moins intéressante sa lecture, même si le texte aurait pu être resserré.
Depuis bientôt trente ans, Éric Fottorino est en mode « quête » de ses origines familiales, en fait depuis la publication de Rochelle en 1991. Dix-sept ans pose ainsi une autre pierre à son édifice.
Dans ce livre, c’est comme si le narrateur – qui n’est pas non plus à 100 % Fottorino – avait rempli une fiche où il avait inscrit des renseignements personnels : nom des parents, lieu de naissance, état civil, scolarité, etc., permettant ainsi à son passé de recomposer son présent.
C’est la première fois que l’écrivain consacre un livre à sa mère, Lina Labrie, née à Angoulême en 1943 et qui a mis au monde quatre enfants, issus de trois hommes différents.
Prenons par exemple Éric, le fils aîné, qui a eu deux pères : Moshé Uzan (père naturel), un juif marocain de 23 ans qui, fin des années 50, étudiait la médecine et Michel Signorelli (de son vrai nom de famille Fottorino), le deuxième mari de Lina, un Tunisien qui, le 17 février 1970, a reconnu Éric comme son fils.
Un tsunami survient un dimanche de décembre dans la vie d’Éric et de ses demi-frères, François et Jean, quand leur mère les invite chez elle à un repas familial. Elle désire à un moment donné leur parler en privé car, leur dit-elle, elle a quelque chose de très important à leur révéler : « Le 10 janvier 1963, j’ai mis au monde une petite fille. On me l’a enlevée aussitôt. Je n’ai pas pu la serrer contre moi. Je ne me souviens même pas de l’avoir vue. » Née dans une institution religieuse à Bordeaux, la petite a aussitôt été adoptée par une jeune femme. Nous n’en sommes qu’à la page 16.
Aujourd’hui, les fils (la quarantaine et la cinquantaine), apprennent qu’ils ont une demi-sœur. Consternation. Éric Fottorino, lui, vit un double désarroi : à la veille de remettre son manuscrit chez Gallimard, il se voit dans l’obligation de réécrire une partie de son livre à la lumière de ces nouvelles informations.
Dans la deuxième partie de ce roman qui en comporte quatre, Éric décide de partir à Nice, laissant derrière lui femme et enfants. Dans cette ville de la Côte d’Azur qui l’a vu naître le 26 août 1960, il n’a vécu que trois jours. Peu de temps après, il a été placé chez une nourrice durant des mois, avant que sa mère ne vienne le récupérer envers et contre tous.
Ainsi, lors de son séjour niçois d’un peu plus d’une semaine, le narrateur tente de trouver quelques réponses à ses nombreuses questions. Qui était réellement Lina Labrie à cette époque-là ? Y a-t-il des gens qui peuvent lui en apprendre un peu plus sur cette femme, forcée à l’âge de 20 ans, et ce, par sa propre mère, de signer un acte de renoncement à sa fille ?
Si je peux me permettre un petit conseil en terminant : lisez ce livre assez rapidement pour ne pas vous y perdre. Non pas que le récit ne soit pas fluide, mais plutôt pour bien saisir les liens qui unissent les uns aux autres.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SFottorino%2C%20%C3%89ric.%20Dix-sept%20ans__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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