Chaque semaine, Marie-Anne Poggi de la bibliothèque Robert-Bourassa nous propose un coup de cœur littéraire.
PHOTO COURTOISIE Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
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L'Arbre du pays Toraja de Philippe Claudel (Stock, 2016), 209 pages.
Vous arrive-t-il, à l’occasion, de relire un livre ? C’est ce que je viens de faire avec le magnifique roman de Philippe Claudel, L'Arbre du pays Toraja. Il y a quatre ans, c’est le titre qui m’avait intriguée. Je me demandais quel était ce « pays Toraja » et quel était le sens de la métaphore de l’arbre.
La réponse m’a été donnée dès la première ligne : « Sur l’île de Sulawesi vivent les Toraja. L’existence de ce peuple est obsessionnellement rythmée par la mort. Lorsque l’un d’eux vient à mourir, l’organisation de ses funérailles occupe des semaines, des mois, parfois des années. » L’arbre, lui, est relié aux rites funéraires de ce peuple indonésien. C’est une très belle coutume, vous verrez… nous devrions nous en inspirer !
Donc, au printemps 2012, le narrateur-cinéaste, jeune cinquantenaire divorcé, était venu prendre sur l’île de Sulawesi des images pour son prochain film. Peu après son retour en France, Eugène, son meilleur ami qui s’avère être aussi son producteur, lui annonce que les médecins lui ont découvert une tache sur le poumon gauche. Père de cinq enfants nés de mères différentes, il est convaincu que son cancer a été pris à temps.
Ce point de départ est le prétexte pour Philippe Claudel de parler de l’amitié, de se questionner sur la mort, la maladie, le vieillissement, la complexité de la vie. La plume poétique de l’auteur nous rend ces sujets tout à fait digestes. Ce n’est pas triste, bien au contraire, c’est plutôt un hymne à la vie !
Un exemple d’interrogation parmi tant d’autres. Le narrateur s’adressant à un médecin : « Ce qui m’intéresse, lui dis-je, ce ne sont pas les causes physiques qui favorisent l’apparition et la progression d’une maladie grave, mais les circonstances dans lesquelles elle survient, et pourquoi pas aussi sa programmation. Mes questions sont moins médicales que philosophiques. »
C’est également l’occasion pour l’auteur de revenir sur sa passion de l’alpinisme – sport qui lui a malheureusement pris plusieurs amis –, ou sur certains films déjà tournés, ou ceux à venir. « Faire du cinéma, c’est décider de réorganiser les éléments qui nous entourent. » C’est précisément ce que fait Philippe Claudel avec ce très beau roman, rempli de sagesse et de beauté.
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SClaudel%2C%20Philippe.%20L%27Arbre%20du%20pays%20Toraja__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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