Voici mon coup de coeur littéraire de la semaine.
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PHOTO COURTOISIE Le vent reprend ses tours de Sylvie Germain (Albin Michel, 2019), 213 pages.
Avez-vous déjà lu un livre de Sylvie Germain ? Si oui, vous connaissez donc son univers, sinon, je vous invite à découvrir son oeuvre. Depuis Magnus, prix Goncourt des lycéens en 2005, je n’ai cessé de suivre les publications de cette écrivaine française, née en 1954 à Châteauroux.
En publiant chez Albin Michel Le vent reprend ses tours (2019), l’auteure nous fait prendre conscience des conséquences que peuvent avoir un malentendu et un mensonge sur le destin de certaines personnes, plus particulièrement dans ce cas-ci, sur celui de Nathan et de Gavril.
Nathan, mi-quarantaine, lit dans un abribus parisien cette annonce : « Gavril Krantz, âgé de 80 ans, disparu depuis le 27 février 2015 de l’établissement où il était hospitalisé. » Gavril est donc vivant… lui qui le croyait mort depuis son adolescence ! « Je n’avais que neuf ans quand je l’ai rencontré, 17 quand j’ai perdu tout contact avec lui », de dire Nathan.
Vingt-sept années se sont écoulées depuis que des proches de Nathan lui ont annoncé le décès de son meilleur ami. Il s’était toujours senti responsable de l’accident de moto qui avait enlevé la vie à Gavril.
Donc, en date du 6 septembre 2015, Nathan apprend que Krantz est manquant à l’appel, mais en vie. Il part aussitôt à sa recherche. Quelqu’un finira par lui annoncer qu’on a localisé l’institution où il était hospitalisé. Il s’y rend et demande à parler à la personne qui s’occupait de Gavril. Une assistance sociale du nom d’Hawa Gwezhennec-Yazarov pourrait lui donner des renseignements, mais elle ne sera de retour que dans dix jours.
Fin juillet 1980. C’est en flânant cet été-là dans son quartier, que la vie du jeune Parisien de neuf ans, enfant unique élevé par sa mère, changea du tout au tout. En fait, du moment où il aperçut dans la rue ce Roumain de 45 ans, saltimbanque monté sur des échasses, jouant d’un instrument atypique. Déclic. Nathan retrouva confiance en lui et une certaine joie de vivre. L’ennui, la solitude, le bégaiement firent place au rire, à la fantaisie, à la poésie. Pour Nathan, Gavril était « son précepteur buissonnier ». Ils se promenaient d’un lieu à l’autre, découvrant « ce qu’il qualifiait de mémentos et de stigmates », car comme le pensait Gavril, les villes sont des livres ouverts.
Ceci n’est que le début de cette incroyable histoire. Qu’a fait Nathan après le décès de Gavril ? Qu’est-il devenu ?
Sylvie Germain introduit en deuxième partie de nouveaux personnages : Elda Lorrol, Jérôme, Bruno. Qui sont-ils ? Quelle place occupent-ils après les 138 premières pages ? Ont-ils un lien quelconque avec Nathan et/ou Gavril ?
Le vent reprend ses tours combine la petite et la grande Histoire de manière fort réussie. J’ai aussi beaucoup appris sur une pléiade de sujets. Je n’avais jamais entendu parler des Souabes, de la branche des Roms Boyash, de certains lieux tels le Bărăgan, la région du Banat ou le fort de Jilava.
Ce livre est d’une grande culture et d’une écriture raffinée. On s’attache à cette complicité entre deux êtres écorchés et incompris. À lire !
Réservez ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal :
https://nelligandecouverte.ville.montreal.qc.ca/iii/encore/search/C__SGermain%2C%20Sylvie.%20Le%20vent%20reprend%20ses%20tours%20__Orightresult__U?lang=frc&suite=cobalt
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