La Galerie d’Art d’Outremont (GAO) présente une exposition qui regroupe des œuvres de quatre artistes qui ont exploré les fonctions allouées à la peau témoignant ainsi de leur fascination commune pour cette matière vivante: la surface.
(29 septembre 2014) Une théorie développée par le psychanalyste Didier Anzieu attribue à la peau quatre fonctions à la fois organiques et psychiques auxquelles correspondent quatre figurations : le sac, l’écran, le tamis, le miroir. Le sac aurait une fonction d’enveloppe contenante et unifiante de l’être, l’écran, une fonction de barrière protectrice, le tamis, une fonction de filtre des échanges et d’inscription des traces, et le miroir, une fonction de reflet de la réalité.
JOCELINE CHABOT propose une transcription abstraite de la peau, une métaphore visuelle qui permet de représenter l'ampleur de cette surface poreuse, berceau de nos humeurs. Élaborée à partir de dessins à la fois superposés et accolés les uns aux autres, l’œuvre se déploie de façon organique dans l'espace. Les dessins sur papiers japonais, dont les dimensions et le degré d'opacité diffèrent, sont parfois perforés et ont été réalisés avec des produits pharmaceutiques.
LOUISE MERCURE présente un inventaire insolite de formes, d'objets et de corps recouverts de membranes opaques et texturées, se transformant parfois en surfaces plus ou moins translucides. Métaphores de l’identité, les œuvres, aux consonances poétiques, questionnent la représentation du Moi. Elles symbolisent l’être enfermé dans son image corporelle et contenu dans une enveloppe (le sac) qui, bien que malléable et altérable, demeure malgré tout une prison de peau.
HÉLÈNE SARRAZIN explore différents effets de scarifications qui forment une surface colorée, organique, évocatrice de systèmes tégumentaires, ceux-ci se définissant comme l’ensemble des tissus qui couvrent le corps de l’homme et des animaux. En traitant métaphoriquement la matière, l’artiste crée une peau-écran dans sa plus élémentaire représentation qui traduit une fascination pour le vivant et élabore une poétique de la matière.
Enfin, JOSETTE TRÉPANIER explore les stéréotypes associés à la beauté de la peau. Son élasticité, sa luminosité sont représentées dans des œuvres qui présentent certaines affinités avec le pop art et la bande dessinée. Les images spéculaires qu’elle propose pourront avoir pour le spectateur une fonction de miroir dans la mesure où il reconnaîtra dans ces œuvres les rapports conflictuels qu’il entretient avec sa propre image.
41, av. St-Just, Outremont (voir carte)
514 495-7419
Mardi au vendredi, de 13h à 18h, samedi et dimanche, de 13h à 17h
galeriedartdoutremont.ca
(Source Galerie d’Art d’Outremont)
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