Dans les petits pots, les meilleurs onguents. L’expression colle certainement au petit Outremont, niché au coeur du théâtre du quartier, depuis août 2013. Après presque quatre ans d’existence, la salle de spectacle aussi intime qu’avenante, a trouvé sa formule. Une formule digne de ce que l’on trouve à Paris ou à New York. Petit tour du propriétaire avec son concepteur, le directeur général et artistique des lieux, Raymond Cloutier.
PHOTO LE THEATRE OUTREMONT On peut y boire, mais ce n’est pas un cabaret comme tel. Le petit Outremont, c’est plutôt « une boite à musique, une boite à contes, une boite à théâtre, à humour, à marionnettes… à toutes sortes d’affaires », étaye le comédien et metteur en scène Raymond Cloutier, à la barre du Théâtre d’Outremont depuis mars 2012.
L’idée de transformer le foyer de l’institution en petite salle de spectacle pouvant accueillir jusqu’à 115 personnes, s’est imposée comme une évidence au début de la décennie. « On a constaté que c’était impossible d’animer l’endroit 365 jours par année avec seulement la grande salle », explique M. Cloutier. « On ne peut pas trouver à Montréal assez de contenu pour prétendre que chacun d’eux va attirer 600 ou 700 personnes. » La capacité totale de la salle principale est de 775 sièges.
Avec seulement la grande salle, « ça nous forçait aussi à n’avoir que des "affiches". Par "affiches", je veux dire des succès à l’avance, des gens très connus, des gros canons. Cela nous excluait donc de toute la relève, de la nouvelle création, de tous les spectacles d’intimité; de ce qui est plus humble ou modeste ou pas encore connu du grand public. Et en se coupant de ce pan de culture, il y a des perles que l’on risquait d’échapper. »
Au terme de cette réflexion, l’espace où se tient les entractes au Théâtre a donc été revisité. L’un des deux bars n’étant pas forcément utile a été remplacé par une scène à l’italienne de 20 pieds par 20 pieds. Et tout a été refait dans la place. Les planchers, l’éclairage, la peinture, l’installation d’équipement sonore…« il y en a eu pour des centaines de milliers de dollars », souligne M. Cloutier.
De fait, « la Caisse Desjardins des Versants du mont Royal a supporté le théâtre pour un montant de 80 000$ en 2013 pour la construction du petit Outremont » mentionne le directeur général de l’institution financière, Michel Gamelin, rappelant que ce support est aussi celui de ses 27 443 membres en fin de compte. « Nous, plus on fait de l’argent, plus on en redistribue dans la communauté », indique-t-il. Par ailleurs, « depuis les deux dernières années, la Caisse a également contribué, avec un montant assez significatif, au volet jeunesse de la programmation du théâtre. »
Une formule qui prend du galon
Le petit Outremont commence à trouver sa vitesse de croisière ces derniers temps. « On a fait 13 fois Marie-Thérèse Fortin (chante Barbara) ici: mille spectateurs, c’est beaucoup de monde! », s’exclame le DGA. « C’est beaucoup comme cela que l’on fait à Paris, à New York, partout… On joue sur des prolongations. En présentant plusieurs dates, on permet à un plus grand nombre de personnes d’avoir le loisir et la liberté de venir voir le spectacle. » Or, M. Cloutier est conscient que ce n’est pas une tradition à Montréal de jouer sur le long terme de cette façon. « Pour le moment, on ouvre d’autres soirs un coup que les premières sont pleines, mais éventuellement, j’aimerais ça dire: voici, il y a douze présentations au programme pour tel ou tel artiste ».
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