C’est un retour aux sources pour la Galerie d’art Valentin, spécialisée dans l’art historique canadien. Après 33 ans au coeur du prestigieux Golden Square Mile, à Montréal, la doyenne des galeries d’art en existence au Québec vient de reprendre ses quartiers, avenue Laurier, à son emplacement originel de 1934. On l’appelait à l’époque: l’Art Français.
Jean-Pierre Valentin devant l’oeuvre The Crossing (1980), du peintre canadien Philippe Surrey (1910-1990), à sa galerie d’art éponyme nouvellement revenue dans le quartier. PHOTO LE JOURNAL D’OUTREMONT C’est en juin dernier que Jean-Pierre Valentin a raccroché les tableaux de sa galerie éponyme sur les murs du deuxième étage de son immeuble, niché au 372 avenue Laurier Ouest. Galeriste depuis 1975, il avait quitté les lieux en 1986 pour s’installer dans le Quartier du musée au centre-ville.
Mais les affaires ont changé depuis. « Aujourd’hui on n’a pas forcément besoin d’avoir une vitrine parce que tout se passe par Internet », explique-t-il. « C’est super la rue Sherbrooke », ajoute-t-il, « mais c’est juste pour le prestige. Et le prestige, il est aussi bon ici. Et ici, c’est mon village ! », laisse tomber ce septuagénaire né dans le massif des Vosges, au nord-est de la France.
Parlant de son pays d’origine, Jean-Pierre Valentin raconte qu’il rêvait d’être antiquaire à l’époque. Mais pour rentrer dans les bonnes grâces de son père, il décrocha un diplôme d’une école de commerce de Paris. Ce qui ne l’empêcha aucunement de sillonner l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord, un an après la graduation, en tant que commis d’oeuvres d’art; un emploi créé sur mesure alors qu’il était en quête d’art et de voyage.
« J’ai fait ça pendant presque quatre ans. Jusqu’au jour où la propriétaire de l’Art Français, qui était devenue ma cliente, me dise: Jean-Pierre, je vais vendre ma galerie. » Six mois plus tard, Jean-Pierre en devenait le maître des lieux.
Pour la petite histoire, la galerie l’Art Français fondée par le couple franco-belge, Lucienne et Louis Lange, en 1934, « vendait de l’art français parce que c’était la mode à l’époque. Mais la guerre est arrivée. » Et avec les tableaux coincés en Europe, « ils ont commencé à représenter des peintres québécois et canadiens », retrace M. Valentin.
Ce dernier a par ailleurs donné son nom à la galerie en cours de route, afin de disperser toute confusion, puisqu’avec lui à la barre, on ne vendait plus du tout d’art français.
Parmi les artistes vivants, le sculpteur Sato et les peintres Miyuki Tanobe et Claude de Gaspé Alleyn sont notamment représentés à la galerie aujourd’hui.
Le répertoire de Marc-Aurèle Fortin
Vernissage à la galerie l’Art français, le 6 octobre 1944.La Galerie d’art Valentin, anciennement nommée l’Art Français, a été fondée en 1934. PHOTO FONDS CONRAD POIRIERDepuis 20 ans de suite, Jean-Pierre Valentin, maître dans le monde de l’authentification d’oeuvres d’art, réalise le catalogue raisonné de son peintre québécois de prédilection, Marc-Aurèle Fortin (1888-1970). L’oeuvre prolifique compte « à peu près 7000 tableaux », estime M. Valentin. « Et moi j’en ai vu à peu près 4500 pour l’instant. » Un appel aux collectionneurs de Fortin qui voudraient se manifester en somme.
Le 19 octobre prochain aura lieu l’inauguration officielle de la Galerie d’art Valentin. L’occasion de voir une douzaine d’oeuvres d’art provenant de collections privées (qui ne se sont pas souvent révélées au public ).
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