Communiqué version abrégée Galerie d’Art d’Outremont
Le thème de prédilection d’Ariane Thézé a toujours tourné autour de l’image du corps, cette question des rapports qui lient l'être humain et la nature a souvent occupé une place dans l’oeuvre de l’artiste et revient de manière récurrente.
Les photographies qu’elle a choisi de montrer à la galerie, sous le titre Lignes d’erres, nous placent face à un double mouvement de rameaux se déployant dans l'espace, à la fois libérateurs vers la lumière et tentaculaires vers les ténèbres. Avec « Entrelacs » l’ambiguïté est telle que les branches semblent s’infiltrer dans le corps humain, le tirer par les cheveux pour l’absorber et lui faire rejoindre la terre : au contraire, avec la « Vénus anadyomène », le corps s’extirpe de sa chrysalide, va déployer ses bras pour renaître et s’ouvrir tel un papillon.
Tel un découpage, « Avatars » est une série photographique qui utilise une matrice corporelle où ne subsiste du corps humain que le contour, l'intérieur étant rempli et envahi par des images de troncs d'arbres, dessinant des paysages variés et invitant à des parcours singuliers.
Depuis quelques années, on assiste à une nouvelle orientation, l’intérêt de l’artiste se fixe plus particulièrement sur les marques du temps, les traces provoquées par des éléments extérieurs (entailles laissées par des outils, griffures telles des scarifications sur l’écorce, blessures apparentes parfois à vif comme si la chair saignait ; rongée par les vers créant des chemins sinueux et labyrinthiques ...). Les insectes et les intempéries continueront tranquillement leur travail et modifieront un jour complètement la structure des troncs ou des écorces jusqu’à les faire disparaître émiettés, usés et pourris.
Après l’observation, la documentation photographique, l’interprétation par de nombreux dessins, Ariane Thézé nous livre une œuvre énigmatique, une trace murale, dans ce qu’elle a à la fois de beau et de destructeur, toute inspirée du travail d’un ver imaginaire se frayant un chemin dans la matérialité et la résistance du bois avec une stratégie d’esquive plutôt que de confrontation.
Face à cette grande cartographie, difficile de dire à quoi correspondent vraiment ces lignes d’errance faites de détours et de dérives. On peut la voir comme une écriture qui se soustrait au sens, entretient un retrait, une distance et une étrangeté.
Sans rigueur scientifique, c’est l’interprétation artistique qui en découle, un « cheminement » qui aboutit à l’image caractérisée par sa richesse plastique et trois éléments indissociables : « Temps, Récit, Mémoire ». Le travail lent et insidieux du ver va jusqu’à la disparition totale de l’arbre le réduisant en poussière, c’est le temps. L’histoire humaine s’inscrit avec des documents de « présence », c’est le récit. La trace est vouée à l’effacement, donc à l’oubli, c’est la mémoire éphémère. Ariane Thézé, artiste multidisciplinaire et internationale, vit à Montréal où elle a commencé sa carrière d’artiste en 1984. C’était l’époque des débuts de l’art hybride, pour reprendre le terme si cher à René Payant, admirateur de son travail. Après des études à l’Université du Québec à Montréal, elle obtient un doctorat. Elle est l’auteur d’un essai, « Le corps à l’écran », publié en 2005 aux éditions de la Pleine Lune.
Ses recherches l’ont amenée à mettre en relation différents champs disciplinaires tels que photo-peinture, photo-sculpture, photo-vidéo et photo-estampe. Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques aussi bien au Canada qu’en Europe. Ariane Thézé enseigne au niveau universitaire depuis 1984, principalement à l’Université d’Ottawa.
Fondée en 1993, la Galerie d’art d’Outremont offre un lieu d’exposition d’une superficie de plus de 150 mètres carrés. Elle a pour but de diffuser la production d’artistes professionnels dont les recherches s’inscrivent dans toutes les disciplines en art visuel. La Galerie d’art d’Outremont a aussi pour objectif de familiariser le public, le plus large possible, avec les différentes avenues que propose l’art contemporain.
Du 8 février au 4 mars 2018
Vernissage le 8 février de 17h00 à 20h00
Galerie d'Art d'Outremont
41, Av. St-Just (voir carte)
514 495-7419
galeriedartdoutremont.ca
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