PHOTOS LE JOURNAL D’OUTREMONT
– Le consul général Antoine Eid
« Environ 150 000 personnes originaires du Liban vivent aujourd’hui au Québec », c’est l’évaluation que fait le consul général du Liban, monsieur Antoine Eid, qui nous a chaleureusement accueilli dans la belle maison du Liban, sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine.
La grande popularité du Québec comme terre d’accueil nécessite une administration consulaire forte pour offrir les services nécessaires aux nombreux ressortissants du Liban. C’est Outremont qui a été choisi pour loger le Consulat général il y aura 50 ans l’an prochain. Le drapeau arborant le fameux cèdre du Liban flotte chez nous depuis 1970. C’est le seul consulat avec pignon sur rue à Outremont.
Une bellle maison d’époque
« Nous sommes chez nous à Outremont », constate M. Eid. « Nous avons beaucoup en commun, la langue française, évidemment, mais aussi les valeurs fondamentales du Liban que sont la famille et l’éducation. La proximité d’établissements d’enseignement, le Collège Stanislas, l’Université de Montréal, est un facteur important. La montagne nous rappelle celles du Liban », ajoute-t-il. Après un bref séjour à l’hôtel Ritz Carlton, le consulat emménage en 1970 au 40 du chemin de la Côte-Sainte-Catherine dans une grande maison dont les plans ont été signés par l’architecte Raoul Gariépy en 1927, gratifiés d’une magnifique fenestration sud-ouest. L’architecte est le même qui imagina le cinéma Rialto quatre ans plus tôt sur l’avenue du Parc. Il fut décidé que tout le bâtiment, acheté en 1973, serait dédié aux activités consulaires et que la résidence du consul général serait logée ailleurs, en l’occurence sur la rue Springgrove, toujours à Outremont. La magnifique maison de 4 186 pi2 sur trois paliers a fait l’objet d’importantes rénovations en 2014-2015 pour rendre l’espace plus fonctionnel. Les boiseries originelles de l’escalier et des poutres apparentes de ce que fut le salon à l’époque ont été épargnées avec un souci de conserver le caractère et l’esprit du lieu. Le ministre des Affaires étrangères et des émigrés du Liban, M. Gebran Bassil, a assisté à l’inauguration du consulat rénové le 15 juin 2015. Ce fut également l’occasion d’inaugurer l’oeuvre du sculpteur Joe Djelby, un bronze personnifiant un danseur libanais qui apporte depuis ce temps sa fantaisie chez nous et qu’on peut admirer devant le bâtiment. Une belle contribution à l’art urbain d’Outremont.
Rayonnement et développement
Alors que l’ambassade du Liban, située à Ottawa, représente les intérêts politiques du pays avec le Canada, le consulat général s’occupe des relations et des services avec ses propres concitoyens résidants ou de passage au Québec. Il gère ses activités de façon autonome par rapport à l’ambassade. De plus, le consul général du Liban au Québec ajoute à ses fonctions consulaires la représentation d’intérêts culturels et économiques. « Par exemple, nous travaillons à développer des liens économiques plus étroits entre le Québec et le Liban, pour aboutir peut-être à une délégation du Québec à Beyrouth, qui sait ? Aussi, il y a tellement de va-et-vient entre Montréal et Beyrouth, qu’un vol direct entre les deux villes devient presque nécessaire, nous y travaillons. Nous voulons aussi stimuler davantage l’immigration vers le Québec, en cette période où les entreprises cherchent de la main-d’oeuvre spécialisée dans des secteurs de pointe. »
Les différentes crises politiques qu’a connues le Liban depuis plus de 50 ans a provoqué des vagues d’immigration un peu partout dans le monde. « La diaspora qui vit à l’extérieur du pays pourrait être de trois fois supérieure à la population actuelle du Liban qui est un peu plus de 6 millions », estime M. Eid. « L’instabilité du climat politique a aussi provoqué l’exil de familles mais aussi de jeunes qui sont venus poursuivre leurs études à Montréal. Plusieurs sont partis pour deux ans, et ils y sont toujours après plusieurs décennies », constate-t-il.
Nous avons récolté à Outremont une partie de ces expertises, des spécialistes chevronnés dans le domaine de la santé, des ophtalmologistes, des gynécologues, des dentistes et des gens d’affaires dans différents domaines. George Bardagi, courtier immobilier vedette chez Re/Max du Cartier à Outremont, en est un bon exemple. Ce peuple qui a connu les hauts et les bas de la coexistence entre les communautés diversifiées du Liban est certainement un bon modèle d’intégration dans la société pluraliste qu’est le Québec.
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