La vieillesse recule avec les avancées médicales. Ceux qu'on considérait vieux à 65 ans il y a quelques décennies sont aujourd'hui débordants de vitalité. La première vague des baby-boomers a franchi en 2011 le cap de la retraite. D'ici les 10 prochaines années à Outremont, ils s’ajouteront au contingent des 80 ans et plus qui frôlera les 2 000 résidants en 2026.
Dans les foyers pour personnes agées à Outremont, il est coutume de célébrer les anniversaires de naissance des résidants. PHOTO JOURNAL D’OUTREMONT Au-delà de l'âge, qu'est-ce que la vieillesse et comment faire bon ménage avec elle? C'est ce que nous avons demandé à madame Francine Unterberg, une octogénaire solide comme un chêne qui donne temps et énergie à la communauté d'Outremont depuis 45 ans. Elle est membre de la Table de concertation des aînés et organisatrice du Salon des aînés d'Outremont en plus d'être présidente du Comité de Jumelage d'Outremont depuis 23 ans. Elle a mis la table à autant de galas de homards au printemps que de souper d'huîtres à l'automne. Elle est également membre de la Société d'histoire d'Outremont. Rien ne semble l'arrêter.
« La vieillesse commence quand les maladies s'installent et qu'on perd son autonomie » répond-elle sans hésitation. C'est beaucoup une question d'ADN. Dans ma famille, on vit longtemps en santé. Au-delà de ça, ce sont le travail et les relations que j'entretiens avec les gens qui me tiennent en forme », ajoute-t-elle.
Quitter sa maison
Elle nous fait part de son expérience avec les aînés. « Un des principaux problèmes à Outremont, c'est la difficulté des propriétaires âgés de quitter leur maison malgré les capacités affaiblies et l'inquiétude des enfants. Souvent, ils attendent d’être devant le fait accompli, une maladie, une incapacité physique. « Un conseil : quitter sa résidence demande de la planification, il faut prévoir à l'avance. Et ne pas craindre les résidences pour aînés, nombreuses et de qualité à Outremont. »
Cette mère de six enfants et grand-maman de quatre petits déplore que le filet social soit aujourd’hui pas mal moins efficace qu'auparavant. Le bénévolat se fait rare, les aînés développent une peur de l'isolement, beaucoup d'insécurité face à l'inconnu et d'anxiété avec les nouveaux modes de communication. « On remarque à la Table de concertation des aînés l'impact des récentes coupures en santé sur les services. C'est de plus en plus difficile pour le CLSC de donner des soins à domicile, par exemple après une intervention chirurgicale. Je me demande comment on fera pour desservir les baby-boomers dans quelques années. »
Une question d'organisation
Y a-t-il une recette du bien-être après 80 ans? Doser son énergie, prévoir les efforts, ne pas trop en faire, cela va de soi. « Mais bien s'organiser pour pallier aux pertes de mémoire, normales à cet âge, c'est essentiel, » ajoute-t-elle. « J'utilise des carnets et des listes pour ne rien oublier, il faut aussi s'habituer à utiliser Internet et à bien classer ».
Cultiver les bons rapports dans la communauté, mais aussi dans la famille, semble contribuer à une certaine sérénité. Aux deux semaines, les Unterberg, enfants et petits-enfants se retrouvent à la maison familiale le dimanche. Ça fait partie de leur bagage culturel.
La vieillesse ? Pour l'instant, Madame Unterberg la tient à distance tout en étant réaliste quant aux avancées de l'âge. « J'ai toujours aimé voyager, je sais aujourd'hui qu'il y a beaucoup d'endroits que je ne connaîtrai jamais », conclut-elle.
Partagez sur




