PHOTOS JOURNAL D’OUTREMONT
Le parc Beaubien dispose d’une source d’eau qui agrémente la rocaille stylisée de la petite cascade qui le caractérise si bien. Or ce n’est plus le débit dynamique et rafraîchissant d’autrefois. Le Journal d’Outremont a visité le Parc Beaubien. Comme d’autres espaces verts publics à Outremont, il souffre cruellement d’un manque d’amour.
Le parc Beaubien semble en mauvais état à des endroits plus spécifiques. On observe une forte présence d’algues dans l’étang en contrebas de cette maigre cascade, l’eau est impropre et on y constate une quantité importante de déchets. Des surfaces gazonnées manquent d’herbage et laissent apparaitre une terre asséchée et poussiéreuse.
Le buste du maire Beaubien a été vandalisé il y a quelques années. Fissurée, sa base semble instable et certaines pierres et rebords sont à remplacer ou manquants. Le muret de soutien du talus près du bassin s’effondre.
Des tags et des graffitis décorent le mobilier urbain, les bancs et les tables de pique-nique, mais aussi les panneaux d’information et les rendent illisibles. L’accès aux rares abreuvoirs vire en une boue peu invitante pour s’y désaltérer. Sur les chemins hauts, les barrières de sécurité installées à flanc de colline et de talus sont défaillantes voire manquantes quand elles ne sont pas rafistolées.
On y trouve, ainsi qu’à plusieurs endroits dans le parc, des déchets d’emballage alimentaire : plastique, verres en cartons, papier gras, sachets en papier, gourdes, canettes, etc., et des masques chirurgicaux souillés.
Les espaces en pierre sont laissés à l’abandon. D’anciennes traverses et troncs, faisant office de bancs de bois, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. En s’effritant, ils laissent apparaître des embouts pointus, au risque d’être blessants.
Les lattes des bancs publics ne tiennent plus dans les rares ferrures, et menacent celui qui voudrait s’asseoir, mais le site est tellement sale et hostile qu’il invite… à la fuite ! Or, beaucoup d’enfants jouent dans ces espaces parfois dangereux parce que mal entretenus.
Un constat général
« C’est un constat général », admet Anne-Marie Poitras, directrice générale adjointe - Qualité de vie. « La pandémie a le dos large certes, mais n’oublions pas que nous sommes tous en mesures d’urgence à Montréal », rappelle-t-elle. « La dynamique sociale a changé et nous avons dû revoir et adapter nos manières de travailler dans le respect des consignes sanitaires gouvernementales en séparant nos effectifs avec un seul employé par camion. Bien entendu, Outremont n’a pas un parc automobile illimité », sourit-elle. « De plus, nous avons retiré les employés à risques sanitaires du cadre de travail quelques semaines afin de les protéger de la pandémie. »
« Tel que demandé par le gouvernement, poursuit Anne-Marie Poitras, nous devions sécuriser les espaces publics et les bâtiments, fermer les aires de jeux, les parcs, le parc à chiens, etc., et poser des banderoles et des affiches d’information sanitaires. »
Retour à la normale en cours
« Depuis la mi-juillet seulement, le déconfinement progressif nous permet de rendre à nouveau le territoire disponible aux citoyens. La plupart des personnes à risques ont pu reprendre leur travail. Ce retour à la normale en termes d’effectifs l’est seulement depuis fin juillet, début août. Nous procédons depuis quelques semaines à la remise en place des équipements, les tables de pique-nique par exemple, dans les parcs, toujours selon les directives sanitaires. »
« La pandémie ayant réduit l’accès aux restaurants, beaucoup de gens mangent dans les rues et les parcs, ce qui génère beaucoup plus de déchets. Mais nous avons doublé le nombre de poubelles. L’Arrondissement procède à l’achat de poubelles intelligentes qui fonctionnent à l’énergie solaire et capable de compacter l’équivalent de cinq grandes poubelles. On les installera dans les parcs très sollicités comme Kennedy, Outremont, Beaubien et Dandurand, pour commencer. Dans l’attente, nous faisons la tournée des poubelles trois fois plus souvent ! », assure Anne-Marie Poitras.
Selon ses propos, l’équipe municipale procédera à un investissement majeur en mobilier urbain. « En ce moment, on répare des bancs à la tonne, et nos équipes travaillent en continue pour le nettoyage des graffitis… » Bref, les cols blanc et bleus d’Outremont en ont plein les bras pour remettre en état nos parcs.
Faune de nuit
La pandémie a aussi généré une fréquentation nocturne des parcs drainant une «faune de nuit» souvent jeune et pas toujours très «civique». « Des effectifs supplémentaires de surveillance sont déployés pour les inviter à quitter les lieux. Ils font appel à leur collaboration et leur civisme plutôt qu’à la coercition. Et avec la pandémie, nous faisons face à une recrudescence de l’itinérance… »
« Mais notre gros problème, ce sont les dépôts sauvages en dehors des horaires de collecte », commente la directrice adjointe. Nous faisons de la sensibilisation à la propreté et au danger des insalubrités. L’Arrondissement a, par ailleurs, distribué des calendriers d’informations et de collectes en trois langues (français, anglais, yiddish) pour «éduquer» les gens.
Les appels d’offres pour le chalet du parc Joyce ont été lancés, rappelle la directrice adjointe et il en sera bientôt de même pour le chalet Pratt : « Nos chalets de parc affichent 96 % de vétusté ! Il est moins une… pour faire de quoi en termes de reverdissement et de revitalisation selon des urgences sectorielles comme, entre autres, les parcs Kennedy et Beaubien. »
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