matières dangereuses
La tragédie de Lac-Mégantic remet en question la sécurité des villes et villages proches des voies ferrées. Cette photo a été prise il y a quelques années à la cour de triage d'Outremont.Le Journal d’Outremont ne publiera pas le résumé de la période de questions au dernier conseil d’arrondissement du 8 juillet 2013, comme il le fait habituellement. Toutefois, deux intervenants de la soirée nous ont fait parvenir chacun une lettre d’opinion et nous avons fait le choix de les publier intégralement. Comme les sujets traités sont en liens directs avec les thèmes évoqués au cours de la soirée, nous nous permettons ici d’apporter une note de la rédaction (NDLR) à la lueur des réponses fournies par les membres du conseil d’arrondissement ou par les directeurs de service. La première missive provient de Mme Mariclaude Ouimet et concerne la pataugeoire du parc John-F.-Kennedy. La deuxième est signée Pierre Lacerte – qui est aussi candidat indépendant aux prochaines élections municipales – sur le transport ferroviaire des matières dangereuses.
Fin août 2012, à la pataugeoire Kennedy : en tombant dans l’eau, ma petite-fille de 2 ans s’écorche le genou au sang. Au conseil de septembre 2012, la mairesse Marie Cinq-Mars minimise l’incident arguant que tous les enfants se blessent un jour ou l’autre ! Ce soir-là, affirmant ne recevoir que des compliments, elle ne propose même pas de faire vérifier le fond du bassin. Contrairement aux dires de M. Chapuis (directeur d’arrondissement de juin 2011 à mars 2013), la nouvelle pataugeoire n’a jamais été très sécuritaire. Petite historique :
18 juin 2011, ouverture de la pataugeoire agrandie et rénovée. Détails positifs : douches et abreuvoirs. Détails négatifs : aucun parasol (même si en plein soleil la moitié de la journée), aucun vestiaire et, fait incroyable, aucune toilette ! J’imagine qu’on a misé sur l’efficacité exceptionnelle du nouveau système de filtration pour neutraliser les pipis ! Coût : 1,2M $.
22 juin 2011, fermeture de la pataugeoire. Un courriel envoyé à la mairesse fait état d’une cinquantaine de blessures mineures causées par des chutes car le sol est trop glissant ! Vraisemblablement, personne n’a vérifié l’aspect sécuritaire. Après ajout de sable dans la peinture, on donne un coup de pinceau. Un courriel spécifie qu’après inspection du sol ‘’ (...) bien que la rugosité est élevée, nous croyons que la présence d’eau dans le bassin contribuera à réduire la sensation râpeuse de cette surface au toucher’’ !! Réouverture le 1er juillet 2011 : les enfants se blessent car il y a trop de sable dans la peinture ! Personne n’a exigé que l’entrepreneur revienne corriger ce défaut majeur. Résultat : jusqu’au 14 juillet, on voit un sauveteur à quatre pattes dans l’eau en train de limer le fond du bassin ! On a même droit, fin juillet, à des cônes orange car une partie de la descente de plage est encore trop glissante !!
Fin août 2011, la mairesse inaugure fièrement la pataugeoire, insistant pour dire que le budget de 1,2M $ a été res-pec-té (au détriment de la sécurité ?). Malgré les défauts majeurs notoires et toujours présents, aucun engagement de sa part afin de remédier à la situation. Aucune amélioration pour l’été 2012. Été 2013, la pataugeoire étant toujours aussi peu sécuritaire, l’ajout de tapis noirs en caoutchouc * s’avère obligatoire ! Au conseil du 8 juillet 2013, lasse du manque d’intérêt de la mairesse, j’ai demandé à M. Allen (directeur culture/sports/loisirs) de s’enquérir du coût d’un revêtement en PVC, comme celui de la pataugeoire Laurier.
En effet, cette dernière a été rénovée en 2011 : parasols, vestiaire, toilettes et surtout, revêtement du bassin fait d’une membrane souple en PVC antidérapante texturée, assez épaisse pour atténuer la dureté du fond en ciment. Une visite, même si payante le week-end, vaut largement le déplacement ! Je vous invite à ‘’vivre’’ la différence entre ces 2 pataugeoires et à faire part de vos expériences aquatiques à Madame Cinq-Mars. Nous avons le droit d’exiger et c’est le devoir de la mairesse de nous donner une pataugeoire sécuritaire. mariecinq-mars@ville.montreal.qc.ca ou à son bureau 514.495.6220.
Mariclaude Ouimet
29 juillet 2013
(*) Le 16.07.13, une notice annonce le retrait des tapis car ces derniers, se désagrégeant au contact du chlore, laissent des résidus sur la peau, les vêtements et la descente de plage !
(NDLR) Mme Cinq-Mars et M. Pierre Chapuis alors directeur de l’arrondissement affirment qu’une expertise a effectivement eu lieu et qu’ils se sont livrés à l’exercice de marcher pieds nus dans la pataugeoire en compagnie d’un chimiste de la Ville de Montréal et d’un entrepreneur. Mme Cinq-Mars dit aussi qu’elle n’a pas, dans un passé récent, reçu de plaintes à ce sujet, et que, si l'on peut améliorer la sécurité à la pataugeoire, on le fera très certainement.
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PAS DANS MA COUR... DE TRIAGE !
Des plus lointains confins de ma mémoire, je garde en tête le long et lancinant gémissement du train de Lac-Mégantic. Sa plainte nocturne, surtout. Couché dans la chambre à « ti-Paul », au deuxième étage de la maison rassurante de mes grands-parents, le mugissement des locomotives qui fendaient le centre-ville devant l’église Sainte-Agnès me saisissait toujours avant de me rassurer.
Jamais je n’aurais pu imaginer que ce cocon douillet, ce « coffre de bois paternel » renfermant les souvenirs de tous mes Noëls d’enfance et plusieurs fêtes familiales de ma vie d’adulte aurait pu, un jour, être englouti par les entrailles suppurantes du train de minuit.
En voyant une photo aérienne de la scène apocalyptique, le 31 boulevard des Vétérans semble avoir été directement emporté par la coulée de lave bitumineuse. Contrairement aux maisons qui l’entourent, de l’ancienne propriété de mon grand-père Allard, il ne reste qu’un lopin de suie noire et fumante. La maison du notaire Veilleux? De l’avocat Lacoursière? Des Poulin? De M. Richard? De Mme Dion? Dévastées. Toutes. J’ai appris qu’Éliane Boulanger (née Parenteau), une tante du côté de mon père qui habitait trois maisons plus loin, n’a pu, à 93 ans, échapper à son destin infernal. Même le crématorium est redevenu poussière.
Mais au milieu de cet enfer dantesque, tout n’est pas perdu. Le kiosque à fanfare du parc des Vétérans pourrait déjà accueillir l’orchestre des Résiliants. Les maisons des Ti-Bi Drouin, Mercier, Périnet et Bourque sont toujours debout. Tout comme le sont les quelque 5 950 Méganticois qui ne manquent pas à l’appel. Ils se sont découvert une nouvelle solidarité et une nouvelle raison de s’interroger sur ce qui vient de leur arriver.
Et puisque nous sommes tous devenus Méganticois, des inquiétudes se soulèvent partout où les chemins de fer s’insinuent. Lundi dernier, battant le fer pendant qu’il était chaud, le maire de Farnham a adopté des résolutions pour que la compagnie MMA cesse au moins temporairement ses activités ferroviaires.
Au même moment, dans la salle du conseil d’Outremont, la mairesse Marie Cinq-Mars cherchait à rassurer. Incapable de répondre à un résident qui lui demandait si la ville disposait d’un plan d’urgence en cas de catastrophe, Mme Cinq-Mars avait, en revanche, une réponse à donner à un autre citoyen dont la résidence se trouve à moins de sept mètres de l’emprise de la gare de triage du Canadien Pacifique. « Dans deux ou trois ans, la voie ferrée qui passe derrière chez vous sera déplacée vers Parc-Extension. Elle longera l'avenue Beaumont.»
Bref, Outremontais et Montréalais, ne craignez rien. On n’a aucune idée des produits dangereux ou toxiques qui circulent dans notre cour, mais si ça devait sauter, ça se fera 300 mètres plus loin. Ailleurs, mais pas dans ma cour... de triage! Il est temps de se réveiller.
Pierre Lacerte, résident d’Outremont et candidat indépendant dans le district Claude-Ryan
12 juillet 2013
(NDLR) Mme la Mairesse s’est exprimée sur la proximité des voies ferrées et dit qu’elle voulait justement écrire une lettre en son nom ou au nom du conseil pour en connaître davantage sur le transport et la circulation des matières dangereuses par voie ferroviaire. D’autre part, M. le conseiller d’arrondissement Louis Moffatt affirme que, depuis 1995, plus d’une fois on a voulu déplacer les voies ferrées le plus loin possible de la rue Ducharrme et que, d’ici 2 ans, elle seront détournées vers la limite nord de l’arrondissement près du centre d’achat Beaumont. Mme la consillère Ana Nunes renchérit en disant qu’on avait même envisagé d’«enterrer» la voie ferrée, non pas dans le sens de l’enfouir, mais d’en faire une voie souterraine, mais que le budget de l’époque ne le permettait pas.




