Dans un article paru dans ce journal, le 20 février dernier, monsieur Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal, mentionnait à l’approche de l’élection partielle fédérale que plusieurs sujets concrets de patrimoine devaient interpeller les candidats en lice. Il parlait notamment de la nécessité de soutenir et de préserver l’authenticité de l’architecture résidentielle et institutionnelle de la circonscription d’Outremont. Aujourd’hui, j’interpelle les élu(e)s de l’arrondissement. J’observe sur notre territoire une érosion constante quant à l’entretien et à la préservation du caractère patrimoniale des maisons et des immeubles résidentiels en général.
L’exemple récent d’une rénovation extérieure d’une résidence centenaire sur l’avenue Outremont est évocateur. Le propriétaire a complètement dénaturé la façade d’origine. Il appert qu’il a effectué des aménagements contraires au devis soumis pour l’obtention d’un permis. À ce jour, rien n’a été rectifié. Quant à une autre maison sur l’avenue Querbes, une demande d’agrandissement a été au départ rejetée unanimement par les membres du Comité Conseil d’Urbanisme (CCU) puis autorisée par la suite par le Conseil d’arrondissement. Certes, il en a la prérogative mais l’agrandissement réalisé a soulevé plusieurs questions de différentes natures.
Les pouvoirs publics ne peuvent affirmer être les défenseurs du patrimoine à Outremont quand certains faits entrent directement en contradiction avec les valeurs énoncées.
En toute cordialité, j'aimerais suggérer aux élu(e)s que dans l’élaboration de la future politique culturelle de l’arrondissement y figure une section portant sur la défense du patrimoine outremontais avec des objectifs clairs. De même, je crois qu’il serait opportun que la question de la préservation du patrimoine fasse aussi partie des discussions au comité du bon voisinage. Selon moi, ce comité peut favoriser une prise de conscience sur la nécessité d’observer pour toute la population les règles élémentaires d’authenticité architecturale de leur demeure.
Jean De Julio-Paquin, membre du Conseil d’administration de la Société d’histoire d’Outremont
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