Par Léon Gagnon
(12/03/2014)Au conseil d’arrondissement de janvier dernier un citoyen, Pierre Bellec, a remis en question certains règlements d’Outremont. Il s’en est pris notamment au règlement encadrant les cabanes temporaires. Étonnant !
D’où vient ce règlement? Il y a une dizaine d’années des citoyens d’Outremont se sont plaints aux gestionnaires de notre arrondissement relativement à cette pratique d’installer en automne des cabanes temporaires sur les balcons autour des maisons. Ils ont indiqué que cette pratique avait de nombreux inconvénients, notamment :
- La sécurité. Alors que des feuilles mortes sont empilées dans les cours intérieures, à l’automne, on remarquait dans plusieurs cabanes des chandelles allumées. Le risque d’incendie était évident, pour la cabane et pour les maisons du voisinage.
- L’esthétique. Beaucoup de citoyens font des efforts pour embellir leur bâtiment et l’Arrondissement a établi des règles strictes pour la rénovation. Comment accepter pendant plusieurs semaines par année des structures en contreplaqué dans les cours arrière et même en façade des maisons?
- Le bruit. Un grand nombre de cabanes étaient bâties sur place c’est à dire qu’on coupait des planches et des poutres et qu’on clouait ou vissait les éléments ensemble. Cette construction était effectuée de jour, de soir et même de nuit. Le bruit était intolérable pour les voisins.
Ces problèmes, et d’autres, avaient comme effet de créer un irritant majeur pour un bon nombre de résidents du quartier. Ces problèmes généraient une animosité importante face aux constructeurs de cabanes.
En vue de ramener la paix sociale, des citoyens ont alors présenté à la mairie d’Outremont une liste de mesures visant à encadrer cette pratique de construire des cabanes temporaires. Les gestionnaires de l’arrondissement ont bien reçu cette demande légitime. Ils ont alors fait des démarches auprès des chefs des sectes hassidiques dont une partie des membres construisent des cabanes.
La réponse des chefs hassidiques semble avoir été bonne du fait qu’au cours des années suivantes les problèmes se sont atténués. On continue d’installer des cabanes, mais avec beaucoup moins de bruit, ce qui allège un des points les plus irritants. Également la période où les cabanes sont tolérées est respectée par un bon nombre de nos voisins hassidiques. Il y a encore quelques délinquants et il y a encore du travail d’encadrement à faire. Mais une part importante de nos voisins hassidiques manifestent de la bonne volonté. C’est donc un succès dans un cheminement vers la bonne entente entre voisins et l’intégration harmonieuse des citoyens hassidiques à la communauté d’Outremont.
Face à cet historique je suis très surpris que Pierre Bellec, et d’autres, souhaitent enlever un règlement qui a eu de si bons effets. Ont-ils comme objectif le bon voisinage entre citoyens d’Outremont ? J’en doute. Ont-ils comme objectif l’intégration harmonieuse des Hassidims à la communauté d’Outremont? J’en doute aussi.
Léon Gagnon
Citoyen d’Outremont




