En 2003, les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie ont vendu à l’Université de Montréal, à compte d’ami institutionnel, soit pour 15 millions de dollars, le domaine conventuel du 1420, boulevard Mont-Royal constitué d’un terrain de plus de 25 000 mètres carrés et d’un bâtiment d’une superficie totale de 52 036 mètres carrés bruts situé dans l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal.
En 2007, après y avoir investi quelque 25 millions de dollars en frais de rénovation, l’Université de Montréal a décidé de se défaire du Pavillon 1420 boulevard Mont-Royal. Toutefois, huit ans plus tard, les démarches de vente de l’Université n’ont pas réussi. Dans l’intervalle, l’Université a entrepris de vider ce pavillon (à l’exception des locaux réservés au centre de recherche BRAMS). Ainsi, elle encourt des frais d’un million de dollars par année pour chauffer, entretenir et assurer la sécurité d’un pavillon quasi vacant, ce qui l’amène à débourser neuf millions de dollars par année pour loger (hors campus) plusieurs bureaux de professeurs et divers départements, dont l’École de santé publique (maintenant installée dans des locaux loués à Rosdev). En ce moment, des espaces immédiatement disponibles et facilement utilisables de quelque 22 000 mètres carrés dorment à ne rien faire en attendant un preneur!
Il faut continuer à s’opposer à la conversion au privé du Pavillon 1420 et militer pour que ce terrain et ce bâtiment demeurent un bien public!
Tout d’abord, parce que le bon sens économique et la saine gestion des fonds publics le commandent. Comment ne pas trouver scandaleux que l’Université continue de la sorte à dilapider les fonds publics! Ensuite, parce que ce domaine de six âcres profite d’un emplacement géographique de choix : les religieuses ont transmis aux Montréalais un terrain et un bâtiment institutionnel remarquablement situés en plein centre de l’Île de Montréal, donnant accès au plus haut point du troisième sommet du mont Royal, au pied du parc linéaire qui ceinture ledit sommet et le relie au parc du mont Royal, le tout à quelques centaines de mètres de la station de métro Édouard-Montpetit, dans le prolongement est du campus de la montagne de l’Université de Montréal. Que peut-on demander de mieux comme emplacement?
Aussi, parce que le Pavillon 1420 est un écrin dans l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal. L’Université n’a-t-elle pas la responsabilité de coopérer à la protection, à la préservation et au maintien de la vocation communautaire et sociale de cet arrondissement? La qualité de ce bâtiment, son accessibilité et la valeur de son terrain sont des facteurs qui devraient inciter l’institution universitaire à trouver des affinités avec des programmes et des services qu’elle offre ou veut développer.
Finalement, parce que céder cet emplacement exceptionnel et ce bâtiment remarquable n’a pas fait l’objet de l’acceptabilité sociale nécessaire. En faisant fi de la primauté du Schéma d’aménagement en vigueur et devant assujettir à son respect toutes modifications au Plan et aux règlements de zonage, la Ville de Montréal n’a pas mis en branle le processus d’approbation référendaire prescrit par la Charte de la ville de Montréal relativement au changement de vocation de ce lieu. L’Université ne devrait pas tirer profit de ce déni de la démocratie, non plus que de s’en complice par la privatisation d’un bien qui aurait dû rester dans le domaine public
Sommes-nous aveugles au point d’accepter que l’Université persiste dans un processus visant à nous départir de cet ensemble (terrain et bâtiment) en bon état, acquis à prix d’ami? Ne sommes-nous pas en droit de nous attendre à ce que nos gestionnaires fassent preuve de vision à l’endroit du Pavillon 1420 et acceptent de revoir le Plan directeur de développement de l’Université en regard des règles de développement durable? Ne serait-il pas déplorable que l’Université de Montréal laisse comme héritage aux Montréalais celui de leur avoir subtilisé une partie du mont Royal!
Si vous partagez ce point de vue selon lequel le Pavillon 1420 ne devrait pas être bradé au privé, alors :
- Talonnez la direction de l’Université de Montréal pour qu’elle assume ses responsabilités, qu’elle ne commette pas une erreur historique et qu’elle s’ingénie plutôt à permettre un usage communautaire au Pavillon 1420 : recteur@umontreal.ca;
- Appuyez les démarches de Projet Montréal qui a présenté au conseil municipal du 23 février dernier une motion pour demander à l'administration Coderre d’abroger les règlements P-09-003 et P-09-002, ainsi que le plan d’urbanisme P-04-047, afin de redonner une affectation de type « grand équipement institutionnel », plutôt que multi-résidentielle privée, au bâtiment 1420, boulevard Mont-Royal, de même que d'adopter un règlement de contrôle intérimaire à cet effet dans l'attente de telles abrogations et modifications.
Denyse Vézina, vice-présidente du Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420, boulevard Mont-Royal
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